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Politique

Islamophobie décomplexée

Le policier Bruno Attal traite Anasse Kazib de Taliban : un tweet raciste à dénoncer

Les fachos sont de sortie après la prise du pouvoir des Talibans en Afghanistan. Dans la foulée de tweets racistes envers la population afghane, le secrétaire national de France Police, Bruno Attal, y est allé de son tweet raciste accusant Anasse Kazib d’être ni plus ni moins qu’un Taliban.

lundi 16 août

Après 20 ans sous le joug de l’impérialisme américain, la population afghane se retrouve désormais livrée au main du régime Taliban. Une situation inquiétante à plus d’un titre, dont les premières images du désastre humain en cours révoltent de nombreux internautes, notamment en voyant des milliers d’afghans risquer leur vie à l’aéroport de Kaboul pour tenter de fuir le pays.

Mais les militants d’extrême-droite eux, ont encore manqué une occasion de se taire. Sans attendre, plusieurs figures ont surfé sur l’actualité pour balancer un tas d’inepties racistes, et alimenter leurs théories xénophobes aussi bien à propos de la “menace migratoire” que de ce qu’ils appellent l“islamogauchisme” en France.

De son côté, Anasse Kazib, en tant que militant anti-raciste, a été la cible d’insultes ouvertement racistes sur Twitter de la part de Bruno Attal, secrétaire national du syndicat France Police. Le policier, qui a partagé un extrait de vidéo où Anasse revenait sur la mort d’Adama Traoré, l’assimile à un « taliban » qui serait venu « prendre le pouvoir pour faire de la France l’Afghanistan », au même titre que le groupe armé ultra-réactionnaire qui terrorise le peuple afghan.

Ces diffamations racistes qui n’ont finalement eu que peu d’échos ne peuvent pas ne banaliser et méritent d’être dénoncé avec force tant la parole raciste et xénophobe est libérée sur fond d’offensive islamophobe du gouvernement, appuyé et relayée par la droite et l’extrême-droite.

En effet, si le tweet du secrétaire national du syndicat France Police a fait un flop, il faut rappeler qu’il n’en est pas à son coup d’essai.

Il s’était notamment fait connaître après le passage à tabac de Michel Zecler en novembre dernier. Alors [invité sur le plateau de Touche Pas à Mon Poste>https://www.dailymotion.com/video/x7znu8f], Bruno Attal avait joué sans honte à l’avocat du diable et n’avait pas hésité à accuser le média Loopsider, qui avait révélé la vidéo, d’avoir “manipulé l’information” dans ce qu’il lui paraissait être “une intervention de police plutôt classique”. Pour rappel, le producteur de rap avait été roué de coups dans son studio du 17e arrondissement par 3 policiers pendant plus de 6 minutes pour un défaut de port du masque.

Toujours en grand défenseur des violences policières, le policier avait été invité à nouveau sur le plateau de TPMP lorsqu’un jeune homme de 23 ans, Tommi, révélait avoir été tabassé puis violé par des policiers du 19e. Bruno Attal, en tant que figure de l’association "Touche pas à mon flic", avait alors insulté et tout fait pour humilier le jeune homme durant l’émission. Il l’a ainsi tout simplement traité de “mytho”, allant jusqu’à affirmer que la lésion annale attestée par les certificats médicaux ayant suivi la garde-à-vue, "il se l’est faite tout seul" pour “faire du buzz”.

Une figure nauséabonde, qui s’est cette fois-ci emparé de la question du terrorisme islamique en Afghanistan pour diffamer Anasse Kazib, en essayant grossièrement d’amalgamer lutte contre l’islamophobie et djihadisme.

Plus en général, l’extrême-droite instrumentalise l’oppression du peuple afghan en un argumentaire pour justifier les pires idéologies réactionnaires. À l’image du président du Rassemblement National à Marseille qui crache sur la misère du peuple afghan pour réclamer d’urgence la fermeture des frontières :

Depuis le début de la vague islamophobe initiée par le gouvernement en 2019, les attaques racistes fusent à l’encontre des personnalités politiques sur les réseaux sociaux. Anasse Kazib avait d’ailleurs déjà été la cible de plusieurs attaques notamment de Thierry Veyrier ex-représentant du RN, qui l’avait menacé de pendaison, puis qui avait donné des ailes à d’autres militants qui avaient ensuite réclamé la “peine de mort pour le salafiste Anasse Kazib”.

Face à la déferlante islamophobe qui se poursuit, encouragée par le gouvernement qui multiplie ses offensives racistes et qui vient de faire passer sa “loi contre les séparatismes”, il est indispensable de ne pas laisser passer ces insultes, et autre amalgame racistes et xénophobes. De ce point de vue, les organisations du mouvement ouvrier ont la responsabilité de ne pas laisser ces attaques impunies en dénonçant le racisme sous toutes ses formes, en condamnant ce type de tweet visant à discréditer ceux qui luttent contre le racisme et l’islamophobie. C’est une nécessité pour ne pas laisser pignon sur rue à l’extrême-droite et au gouvernement qui fait son lit.




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