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Politique

Le remplaçant de Delevoye a mis à pied une salariée pour « une erreur de 80 centimes et un pain au chocolat donné »

Le successeur de Jean-Paul Delevoye a été nommé hier. Un ancien du privé, responsable des ressources humaines chez Auchan, responsable d'une sanction disciplinaire démesurée contre une salariée syndiquée CFDT en 2002.

mercredi 18 décembre 2019

Alors que Jean-Paul Delevoye annonçait lundi sa démission suite à des révélations en chaîne sur des mandats qu’il avait dissimulé à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, le CV de son remplaçant, Laurent Pietraszewski, annonce la couleur : ancien responsable des ressources humaines de Auchan, rapporteur de la Loi Travail XXL, porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée.

Un CV qui fleure déjà bon les casseroles. Hier, le montant de la rémunération qu’il a reçu de Auchan pour une mission de deux mois faisait le buzz : « Manque de bol ou pourriture généralisée ? voilà le discret expert parfaitement au fait de toutes les ficelles du dossier des retraites rattrapé par son histoire. Selon une révélation de Mediapart, Il a en effet déclaré « avoir occupé le poste de responsable départemental des ressources humaines au sein de l’entreprise Auchan France pendant près de deux mois : une mission pour laquelle il a touché plus de 71 000 euros, alors qu’il était député ». Joli cumul, Non ? » résume ainsi Claude Manor.

En outre, des internautes ont déterré une autre affaire grave concernant la carrière de Pietrazewski chez Auchan. En 2017, L’Humanité rappelait en effet le rôle de ce dernier dans une affaire de sanction disciplinaire qui ressemblait fort à de la répression syndicale alors que le député LREM était responsable des ressources humaines du Auchan de Béthune. A l’époque, une salariée syndiquée CFDT avait été mise à pied et même placée en garde à vue pour une « erreur de commande de 80 centimes d’euro et un pain au chocolat cramé donné » comme le rapportait Guy Palatine, délégué syndical central CFDT à L’Huma.

Une affaire citée par les Pinçon-Charlot comme paradigmatique du caractère du gouvernement et de son parti LREM, au service des ultras-riches dans leur ouvrage Le président des ultra-riches. De quoi mettre en lumière clairement ce qui attend tout ceux qui s’opposent à la réforme des retraites, et confirmer la nécessité de poursuivre la grève en reconductible et sans trêve face à un gouvernement qui ne pliera que dans le rapport de forces.




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