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Crise sanitaire

Le report fin 2021 du vaccin de Sanofi et GSK souligne l’urgence d’un plan sanitaire à la hauteur

Ce 11 décembre, les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé que leur vaccin contre la Covid19 ne serait disponible que fin 2021 suite à des résultats d'essais cliniques en deçà des attentes.

samedi 12 décembre 2020

Crédits photo : Christian Hartman / Reuters

Dans la course au profit-vaccin, les laboratoires Sanofi et GSK ont pris une longueur de retard. En effet, les résultats des essais cliniques des phases 1 et 2 du vaccin que les deux laboratoires développent en commun sont en deçà des résultats espérés.

Initialement prévu pour le premier semestre de l’année, le vaccin ne sera prêt que fin 2021. Dans un communiqué, Sanofi et GSK explique que le programme « est retardée afin d’améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées ». En effet, la réponse immunitaire chez les personnes âgées est jugée « insuffisante ». « La formulation du produit n’est pas satisfaisante. Il est important de l’optimiser, cela peut prendre un peu plus de temps » a ainsi déclaré Thomas Triomphe, vice-président de la branche vaccin de Sanofi, à l’AFP.

Un camouflet pour les deux géants, puisque d’autres laboratoires semblent avoir une longueur d’avance. C’est le cas du tandem Pfizer/BioNtech, dont le vaccin a obtenu le feu vert des autorités britannique avec des vaccinations commencées mardi dernier.

Pourtant, Thomas Triomphe a précisé qu’il s’agit là de « trois à quatre mois de retard, mais avec au bout du compte plus d’informations sur une meilleure formulation » et qu’« il reviendra à nos partenaires de décider s’ils veulent commander des doses. » En effet, l’Union Européenne a d’ores et déjà passé un contrat de livraison de 300 millions de dose aux laboratoires Sanofi et GSK.

Un couac qui fait tâche

En tout état de cause, le couac fait tâche, en particulier en France ou la stratégie du gouvernement passe par le « tout-vaccin ». Une stratégie risquée, aventurière, qui s’inscrit dans le cadre d’une véritable guerre des labos.

Pourtant, pour Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement français, le couac de Sanofi / GSK « ne remet pas en cause la stratégie vaccinale de notre pays qui s’appuie sur une pluralité de vaccins » tout en affirmant que ce report « montre que la rigueur scientifique est absolument totale de la part de ce laboratoire ».

Un argumentaire pour le moins bancal, visant avant tout à défendre Sanofi, fleuron français du pharmaceutique, mais qui cherche aussi à invisibiliser le fait que cette stratégie du tout-vaccin pour éviter une troisième vague est un « pari qui n’ouvre à aucun moment la voie aux questionnements valides, car il n’y a pas besoin d’être anti-vaccins pour poser des questions quant au développement express du vaccin qui pose plusieurs questions notamment au regard des possibles effets secondaires qui ne se révèleront que sur le long terme », comme nous l’expliquions dans un précédent article.

L’urgence d’une stratégie sanitaire alternative

Alors que l’ensemble des indicateurs démontrent que le gouvernement est en train de rater son pari d’un déconfinement progressif à partir du 15 décembre, ce qui a emmené Castex a nous offrir un couvre-feu policier made in Darmanin pour les fêtes, il est aujourd’hui plus que légitime de douter de l’efficacité de la stratégie gouvernementale pour éviter une troisième vague. A rebours de la politique sanitaire de la matraque, il s’agit tout au contraire de développer un programme alternatif de gestion de la crise sanitaire.

La première et la plus urgente des mesures consistes en un plan massif pour l’hôpital public, avec embauche de personnels sous statuts, des lits supplémentaires et des moyens à la hauteur des enjeux. Une mesure qui va de pair avec l’embauche massive de travailleurs et travailleuses de la santé chargés de contacter, aider et informer les patients, de retrouver les « cas contacts » pour la mise en place d’une stratégie de prévention et de dépistage, permettant l’isolement des personnes malades combiné à une alliance des professionnels de la santé et de la population.

Comme le montre le couac du tandem Sanofi / GSK, tout comme la guerre entre laboratoires qui n’est autre qu’une course au profit, la question de la recherche et de développement d’un vaccin ne peut être régie par la logique capitaliste. Une course au profit qui par son lot de secrets, d’espionnage industriel et scientifique et d’accélération du processus de mise en vente, se fait au détriment du développement des connaissances humaines, au détriment de la santé des populations. Une course au profit qui prive toute une partie de l’humanité de l’accès aux vaccins dans les pays semi-coloniaux. En ce sens, il est indispensable de se battre pour des moyens en masse pour une recherche sanitaire publique, qui passe par la nationalisation sous contrôle des travailleurs de l’ensemble de la firme pharmaceutique, seule voie au développement d’un vaccin sûr, efficace et gratuit pour l’ensemble de la population.




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