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Société

Acte 12 à Paris

Le responsable d’une boulangerie recale un policier lors de l’Acte XII

Ce samedi Place de la République, la répression a été violente. Une vidéo massivement relayée sur les réseaux sociaux, montre que, malgré le récit récurrent autour des petits commerçants qui ont peur des « casseurs », un boulanger du quartier n’a pas hésité à empêcher deux policiers en civil de rentrer dans son établissement armés.

lundi 4 février

Encore une fois ce samedi l’odeur des lacrymos et la tension s’étendaient à toutes les rues aux alentours de la République. Non loin de la place, Rue du Temple, le responsable de l’enseigne de la boulangerie Landemaine a refusé que deux policiers entrent dans la boutique armés comme des cow-boys.

La vidéo ne montre que la fin de l’altercation avec un policier, qui aurait donc retiré sa cagoule. Devant la porte le policier excédé demande « Tu vois une arme là ? » « Je ne sais pas, je vous préviens juste », lui répond l’homme sur le pas de la boutique. Chose effectivement difficile à savoir puisque le policier n’ouvre pas sa veste contrairement à ce que nous devons souvent faire aux entrées des manifs… « Donc c’est bon, on peut passer ? », Le gérant réitère sa demande : « Si vous n’avez pas d’arme, oui ». Mais cette réponse ne suffit pas à calmer le policier en civil. Vexé, celui-ci s’en va alors en répondant de façon inquiétante : « Je crois que je vais aller ailleurs. Et à un autre moment de la journée, je vais aussi regarder ailleurs… je vois que vous avez plein de vitrines, c’est parfait ».

Un menace à laquelle s’ajoutent celles de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, comme ceux de Linda Kebbab déléguée nationale du syndicat de police Unité SGP FO qui, selon le le site pro-police Actu 17 aurait répondu : « N’ayez crainte, votre détestation des forces de l’ordre sera transmise aux 40 000 policiers et gendarmes qui travaillent en Île-de-France, plus tous ceux qui y vivent et leurs familles. On ne voudrait pas heurter vos convictions en osant entrer dans vos sacro-saintes enseignes. » La policière a également twitté :

Mais qui viendra sauver les blessés de la police ? Car à l’intérieur de la boulangerie il n’y avait pas de cambrioleurs mais des manifestants et une street médic blessée. Ainsi, un témoin contacté par Le Parisien raconte « Nous étions en plein mouvement de foule (à l’arrivée de la manifestation, place de la République, plusieurs échauffourées ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre, NDLR). Une street-medic blessée se trouvait à l’intérieur du magasin. Deux policiers ont débarqué, sans rien dire, armés et cagoulés. Le responsable du magasin a accepté de leur servir un café mais seulement s’ils enlevaient cagoules et armes. Et ils n’ont pas apprécié ».

Célébrée par les Gilets Jaunes, la maison qui possède 14 établissement dans la capitale a rapidement relayé un communiqué dans lequel elle explique s’efforcer « de préserver une atmosphère calme au sein de nos établissements en demandant aux policiers et aux manifestants de ranger leurs armes et d’ôter leurs cagoules » tout en démentant « toutes formes de soutien à une cause politique qui ont été déduites de ces images. » :

Une atmosphère de calme à laquelle n’ont pas souhaité se joindre ces deux policiers qui n’ont pas l’habitude de se voir traiter comme tout le monde. Il faut dire que boulanger et policier ne distribuent pas les mêmes pains.




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