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Extrême-droite

Le siège de la principale confédération syndicale italienne attaqué par un groupe fasciste. Solidarité !

Le siège de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) a subi samedi une violente attaque menée par un groupe d’extrême-droite durant une manifestation contre le pass sanitaire. Celui-ci deviendra obligatoire sur les lieux de travail à partir du 15 octobre.

lundi 11 octobre

Ce samedi, le siège national de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) à Rome a été attaqué lors d’une manifestation contre le pass sanitaire, qui deviendra obligatoire dès le 15 octobre sur les lieux de travail. Du matériel a été détruit, une peinture représentant une lutte ouvrière a été vandalisée et les affrontements ont duré plusieurs heures durant lesquelles la police a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Douze personnes ont été interpellées par la police, dont Giuliano Castellino, leader de Forza Nuova et Roberto Fiore, secrétaire national du même parti.

Ce sont ainsi des membres de cette organisation qui sont à l’origine de cette attaque scandaleuse contre la principale confédération syndicale d’Italie. Le parti d’extrême-droite a profité de la mobilisation contre le pass sanitaire, dans laquelle l’extrême-droite cherche à intervenir et se positionner comme la principale force contestataire de la politique du gouvernement, pour s’en prendre à l’organisation du mouvement ouvrier alors que le Green pass italien a été approuvé par les directions syndicales.

Suite à cette attaque, des manifestations de soutien ont eu lieu ce dimanche, tandis que la CGIL a appelé à une manifestation samedi 16 octobre. La direction du syndicat a également appelé à une dissolution du groupuscule Forza Nuova. Une revendication immédiatement récupéré par le gouvernement pour se poser en défenseur du mouvement ouvrier. Le Parti démocrate et le Mouvement cinq étoiles ont en effet signé une motion appelant à la dissolution de Forza Nuova, tandis que le chef du gouvernement Mario Draghi s’est rendu ce lundi au siège de la CGIL où il a étreint le secrétaire général de la confédération, Maurizio Landini, qui l’a accueilli à bras ouverts.

Face à cette attaque d’extrême-droite, il est évidemment fondamental de manifester sa solidarité avec la centrale syndicale et l’ensemble du mouvement ouvrier italien. Cependant, ce n’est cependant certainement pas aux côtés du néo-libéral Mario Draghi, arrivé au gouvernement avec le soutien de Forza Italia et de la Ligue du Nord, qu’il sera possible de répondre répondre à l’extrême-droite. A l’inverse, c’est en toute indépendance de classe qu’il faut combattre l’extrême-droite.

Dans le même sens, il est primordial que le mouvement ouvrier s’empare de la lutte contre la gestion autoritaire de la crise sanitaire de la part du gouvernement pour ne pas laisser l’extrême-droite instrumentaliser la colère et en profiter la tourner contre le mouvement ouvrier. En ce sens, ce 11 octobre, les syndicats de base appelaient à une grève et à des manifestations contre le pass sanitaire qui ont réuni des milliers de manifestants. Une illustration embryonnaire de la lutte à mener, à laquelle la CGIL, principale confédération syndicale, a refusé de se joindre.




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