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Politique

Le syndicat Avenir Lycéen, préféré de Blanquer, dilapide de l’argent public

Mediapart a révélé qu'une subvention de 65 000€ a été accordée à Avenir Lycéen, syndicat étudiant « apolitique » favorable à l’exécutif, en 2019. Une somme qui aurait par ailleurs été utilisée pour des frais d'hôtels de luxe et du champagne, des dépenses dont le ministre de l’Education nationale serait au courant. Pour les punir, un cadeau de 30 000 euros supplémentaires leur a été offert pour 2020.

mardi 10 novembre

Crédits photos : © Alain JOCARD Source : AFP

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Dans un article, Médiapart révèle qu’Avenir Lycéen, syndicat étudiant « apolitique » créé en 2018, constitué d’une trentaine de membres actifs dont plusieurs adhérents aux Jeunes avec Macron , a reçu le 19 novembre 2019 une somme de 65 000€ par le ministère de l’Education nationale. Une somme reçue suite à un accord avec le ministère pour que le syndicat pro-gouvernemental mène plusieurs actions de sensibilisation sur diverses thématiques, ainsi qu’un congrès.

Hors, ce congrès - qui devait, selon les interviewées par Mediapart se tenir dans un musée, n’a jamais eu lieu. Par contre, ces jeune pro-Macron vivent leur meilleure vie avec cet argent dans des hôtels 5 étoiles, en déplacement et dans des brasseries prisées. En effet, selon Mediapart :« Pour la seule journée du lundi 22 juin, 432 euros sont dépensés dans un Apple Store, et 99,70 euros dans deux restaurants lyonnais. Le lendemain, 75,50 euros sont débités dans un restaurant à Paris. Dans la nuit, à une heure du matin, un retrait de 100 euros est effectué dans le VIIe arrondissement. », ce qui suggère que cette carte bleue passait de main en main pour profiter du cadeau de l’Etat.

Face à cette utilisation de son argent, le ministère tout en affirmant ne pas avoir accès au détail des dépenses, assure avoir vérifié que « les actions subventionnées sont effectivement réalisées », et ne voit rien à redire, même face à des retraits d’argent tardifs ou à l’utilisation de l’argent public pour la consommation personnelle d’alcool des étudiants.

Les lycéens de ce syndicat, quant à eux, se contredisent : une partie assure ne pas être au courant, d’autres assurent que toutes les dépenses faites étaient pour des réunion du syndicat – dans des restaurants Michelin ou à Lyon – ou bien pour du matériel technologique nécessaire comme l’Imac. Toutes des dépenses dont des trésoriers, qui devaient être consultés, n’avaient aucune idée.

Face à tous ces manquements, la réaction du ministère est équivalente à une petite tape sur la main ; il assure que l’association a été « sensibilisée au bon usage de la subvention publique » et une somme supplémentaire de 30 000 euros leur est attribué – une somme qui équivaut à celle qu’ils avaient demandé.

Pendant qu’Avenir Lycéen, dont de nombreux adhérents des Jeunes avec Macron, reçoit des sommes scandaleuses de la part du gouvernement afin de continuer à les utiliser comme outil d’interlocuteurs de la jeunesse, les autres syndicats lycéens -dont la politique conteste celle du gouvernement- ont vu leurs subventions diminuer ou être rejetées ces deux dernières années. En effet, le Mouvement national lycéen, en seconde position après Avenir Lycéen aux élections du Conseil supérieur de l’éducation en 2018, n’avait reçu que 10 000 euros dans le cadre d’une convention d’objectifs. Une somme qui ne sera pas donnée au syndicat de gauche en 2020 : « En effet, le montant global alloué aux subventions ne permet pas d’apporter une aide à tous les projets qui nous sont soumis, quelle que soit par ailleurs leur qualité », s’est excusé le ministère, pendant qu’il offrait 30 000 euros supplémentaires aux chouchous du ministère.

Depuis des années, étudiants et professeurs demandent plus de moyens pour l’Education, victime de la casse du service public par les gouvernements successifs. Aujourd’hui l’Education nationale s’enflamme dans des mobilisations des enseignants et lycéens afin d’exiger plus de moyens et des protocoles sanitaires adaptés, remettant en question la gestion de la crise par le gouvernement. Le gouvernement devient donc le Père Noël dans les lycées : pour les élèves bien sages et pro-Macron des cadeaux tous les ans et pour ceux et celles qui oseraient contester leur discours et demander plus de moyen pour les services publiques, la matraque.




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