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Covid-19

Le variant anglais serait 64 % plus mortel : l’inaction du gouvernement est criminelle

Une étude parue cette semaine dans le BMJ, un journal à comité de lecture britannique, indique que le variant anglais augmenterait significativement la mortalité du Covid-19. Cette découverte montre l’urgence qu’il y a à endiguer la pandémie et met en évidence les manquements de la stratégie gouvernementale.

jeudi 11 mars

Crédits photo : Martin BUREAU / AFP

Le variant du SARS-Covid-2 qu’on appelle communément le variant anglais depuis le mois de décembre serait significativement plus mortel que la souche classique. C’est ce que montre une étude britannique publiée cette semaine. Dans cette étude, les chercheurs ont suivis des cohortes de malades du covid-19 dont les tests PCR ont révélé la présence du variant anglais en comparaison d’autres patients atteints du covid-19. L’étude porte donc sur des personnes qui ne sont pas hospitalisés et donc, a priori, pas les cas les plus graves.

Cette étude britannique montre que le taux de mortalité du variant anglais serait de l’ordre de 4,1 morts pour 1000 infections à la place de 2,5 morts pour 1000 infectés usuels. C’est une surmortalité d’environ 64%. Ce dernier chiffre n’est pas forcément le point central de l’étude et pourrait être amené à changer alors que davantage de statistiques seront traitées. Cependant, elle confirme la surmortalité engendrée par le variant anglais.

Le variant anglais a la particularité d’être plus contagieux de 30% à 70% comparé à la souche classique de covid-19. Ce variant, tous comme les variants brésilien ou sud-africain, est un des moteurs de la reprise de la pandémie au Royaume-Uni et dans le monde.

Après un an de pandémie mondiale, il est naturel que de nouveaux variants plus contagieux apparaissent, il est cependant inquiétant de voir apparaître des variant plus contagieux et plus mortels, même de façon limitée. Plus la pandémie continue, plus le risque de voir apparaître un variant encore plus dangereux augmente. Ainsi, ces variants entraînent une nécessité de juguler au plus vite la pandémie.

Pour faire face aux variants et à empêcher l’éclosion de nouveaux variants, il est impératif de faire chuter le nombre de nouveau cas, et par extension, le nombre d’hospitalisations. La voie la plus courte pour arriver à ce but reste la vaccination large avec des vaccins efficaces.

Autrement dit, si Véran lors de son allocution de ce jeudi, met en avant les prochaines 1,9 millions de doses hebdomadaires du vaccin Pfizer et la livraison des doses d’AstraZeneca auprès du personnel de terrain, la réalité de la campagne vaccinale est largement insuffisante au regard de l’état de la crise sanitaire. De fait, la plus forte mortalité du variant anglais combiné à sa plus forte contagiosité met les hôpitaux en extrême-tension. Au-delà de la fatigue structurelle du personnel soignant au bout de trois vagues en sous-effectif et sans moyens suffisants, ce sont 12 personnes qui entrent en réanimation toutes les 24 heures en Ile de France. Une situation gravissime, que tempère le gouvernement dans sa communication en espérant éviter l’échec politique cinglant.

Finalement, ce que cette nouvelle étude nous rappelle c’est qu’au-delà des chiffres abstraits de contamination, l’augmentation de la durée de l’épidémie conduit à l’augmentation du risque d’apparition d’un variant largement plus mortel. Ce qui est déjà une catastrophe sanitaire pourrait conduire à une véritable tragédie si la pandémie ne s’arrête pas bientôt.




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