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Légère augmentation des bourses étudiantes : des miettes !

Depuis 3 ans que les bourses étudiantes n’avaient pas augmenté, le gouvernement se targue aujourd’hui d’une augmentation de 1,1 %, alors même que le coût de la vie étudiante continue de croître – encore 2% cette année. Le gouvernement ne saurait-il donc pas compter ?

samedi 24 août

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est en pleine campagne de communication, à quelques semaines des premières rentrées universitaires : Fréderique Vidal a en effet annoncé une augmentation des bourses étudiantes pour l’année 2019-2020, ainsi qu’un gel des frais d’inscription.

Quelques miettes pour les boursiers

Concernant l’augmentation des bourses « sur critères sociaux », dont 712 000 étudiants ont bénéficié l’an dernier, c’est une bien faible augmentation qui est proposée. Après trois ans de gel de ce côté-là, les 1,1 % annoncés semblent finalement ridicules quand on sait que cette année encore le coût de la vie pour les étudiants augmente ! Nous en parlions récemment, c’est environ 2% d’augmentation cette année encore. Le ministère a l’air fier de son augmentation – concrètement, on ne parle que de 11 à 70 euros de plus – par an ! – suivant les échelons. En réalité, les syndicats étudiants ayant étudié l’évolution du coût de la vie avait pris en compte cette augmentation annoncée depuis quelques temps déjà. L’écart est donc grand entre la réalité des étudiants et les mesures d’un ministère complètement déconnecté.

De plus, il s’agit de ne pas oublier les multiples attaques du gouvernement à l’encontre du monde étudiant : on se souvient en premier lieu de la diminution des APL, 5 euros par mois, le calcul est vite fait : 60 euros perdus par an !

De la même manière, le gouvernement rogne cette année sur une mesure palliative mise en place l’an dernier : l’aide à la mobilité. Suite au fiasco annoncé de Parcoursup, le ministère de l’enseignement supérieur avait en effet mis en place une aide spécifique pour les lycéens contraints de changer de zone géographique par les affectations de la plateforme. L’an passé, la somme pouvait atteindre 1000 euros, aujourd’hui elle est abaissée à 500 euros. Pourtant, Parcoursup n’a toujours pas fait ses preuves, laissant encore aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers d’étudiants sans affectation.

Frais d’inscriptions gelés : pas pour tout le monde !

Tout comme pour les bourses, l’annonce du gel des frais d’inscription n’est tout d’abord que pure communication, car déjà annoncée depuis longtemps. Ce que le ministère ne rappelle par contre pas, c’est l’énorme augmentation imposée aux étudiants étrangers dès la rentrée : les étudiants hors-UE venant étudier en France voient ainsi leurs frais multipliés par 15 ! Malgré une temporisation en cours d’année, avec plusieurs universités annonçant que la mise en place ne serait pas pour de suite ou que les dossiers seront étudiés au cas par cas, la mise en place est bien réelle. A terme, beaucoup s’inquiètent d’une généralisation de ces frais à l’ensemble des étudiants... Poursuivant ainsi la privatisation de nos universités.

Apaisement social et comptes d’apothicaire

On ne crache jamais sur quelques euros supplémentaires lorsque l’on est en galère étudiante, mais personne n’est dupe : cette annonce est ridicule par rapport aux nombreux investissements et réformes qu’il faudrait faire dans l’ensemble.

Nous posions ironiquement la question en introduction, mais nous savons pertinemment que notre gouvernement sait très bien compter et tenir ses comptes. Toujours dans la même dynamique, il cherche à privatiser l’université et à rattraper sur ce terrain ses voisins européens qui payent dores et déjà beaucoup plus cher l’accès aux études supérieures.

L’histoire des luttes étudiantes est dans la tête de tous et aujourd’hui certains acquis liés à ces batailles persistent. Petit à petit, les gouvernements successifs ont attaqué de toutes parts les Universités, tout en mesurant le danger d’une explosion sociale de ce secteur. Ces quelques annonces à quelques semaines des rentrées universitaires ont certainement pour objectif de temporiser la jeunesse, qui après une année effectivement plutôt calme, pourrait se réveiller dans la séquence d’une rentrée sociale qui s’annonce déjà bien agitée !

Ils ne nous donnent que quelques miettes, exigeons toute la baguette !

Nous devons nous battre pour une hausse et une extension des bourses étudiantes et pour que chacun aie accès à un logement décent.

Macron et son gouvernement veulent mettre au pas la jeunesse. Les étudiants se rappellent de la loi ORE qui a instauré la sélection à l’université, de la répression des lycéens qui se mobilisaient cet hiver au côté des Gilets jaunes, de l’instauration du Service National Universel, de l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers...

Ainsi, nous devons également lutter pour le retrait de toutes ces réformes, mais aussi pour exiger la gratuité totale de toutes les formations et des établissements de l’enseignement supérieur. Construisons une université au service de la majorité, et non au service de la minorité qui accapare les richesses !

Crédit photo : Shutterstock/ITTIGallery




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