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Politique

Le ridicule ne tue pas

Législatives : LREM appelle au « front républicain »… contre la candidate ouvrière Rachel Kéké

Malgré le revers du 1er tour des législatives, la macronie espère limiter les dégâts en conquérant une majorité absolue dimanche prochain. Pour cela, elle intensifie son offensive contre la NUPES, reprenant une rhétorique habituellement réservée à l’extrême-droite.

lundi 13 juin

Après le revers majeur subi hier aux législatives et face au risque de ne pas obtenir la majorité absolue, la macronie est prête à tout au lendemain du premier tour. Dans ce cadre, l’offensive contre son principal adversaire qu’est la NUPES s’intensifie et la macronie n’hésite pas à renvoyer gauche et extrême-droite dos à dos.

C’est le cas dans la septième circonscription du Val de Marne, où la candidate du NUPES Rachel Keké est arrivée en tête au premier tour avec 37,22% des voix. Une victoire pour cette ouvrière femme de chambre, connue pour avoir été la porte-parole de la grève des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, et qui écrase l’ancienne ministre des sports de Macron Roxana Maracineanu (23,77%).

Face au scandale, qu’on imagine inacceptable pour elle, d’être devancée par une travailleuse, l’ex-ministre macroniste n’a donc pas hésité à appeler dimanche soir à un « front républicain » contre son adversaire... Si la macronie n’hésite ainsi pas à utiliser une notion associée historiquement au « barrage » à l’extrême-droite contre la gauche institutionnelle de la NUPES, ce détournement résonne de façon particulièrement absurde dans le cas d’une figure comme Rachel Kéké.

Ces attaques devraient cependant s’intensifier dans les jours à venir alors que la macronie tente de présenter la NUPES comme un nouveau « péril rouge » menaçant la République pour mobiliser sa base sociale et celle des Républicains. Ce discours apocalyptique ne reflète en rien le projet de la NUPES, qui assume de vouloir participer loyalement aux institutions et dont le programme est très loin de la remise en cause du système capitaliste et de la propriété privée.. De fait, la surenchère macroniste est surtout l’expression de sa panique à l’idée de devoir se contenter d’une majorité relative à l’Assemblée nationale.



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