^

Politique

On prend les mêmes et on recommence

Législatives. Toujours plus réactionnaire, le RN réinvestit un candidat condamné pour violences avec armes !

Dans la 7ème circonscription du Var, le RN a investi Frédéric Boccaletti, connu pour avoir été condamné en 2000 pour des faits de violence commis lors d’un collage d’affiches et pour avoir tenu une librairie antisémite et négationniste.

mardi 7 juin

Crédit photo : AFP

Selon Libération, le Rassemblement National a investi un candidat pour les législatives qui a été condamné en 2000 pour violences avec armes et qui a été patron d’une librairie antisémite et négationniste. Comme le rapportait déjà Libération à l’époque, les faits se sont déroulés alors que des militants FN, dont faisait partie Frédéric Boccaletti, collaient des affiches disant « Immigration, drogue, insécurité, stop  ! ». Lorsque des jeunes passants commencent à crier « sales fachos », ils rétorquent « sales nègres ». Suite à cela, une course-poursuite en voiture commence. Selon les déclarations des militants FN, les jeunes se seraient procurés une batte de baseball, ce qui serait censé expliquer pourquoi Boccaletti et son acolyte, Boutroix, ont raisonnablement sorti une arme à feu pour tirer « en l’air ». En réalité, des impacts de balles sont découverts à 1m60 et 1m20 du sol comme le révèle Streetpress en 2017 alors que Boccaletti est déjà investi aux législatives par le RN. Il est condamné à un an de prison, dont six mois ferme pour des « coups de feu tirés lors d’une altercation avec cinq jeunes » et pour port d’arme illégal. Si jamais certains ont pu s’inquiéter de son absence de la vie politique pendant quelques mois, Boccaletti revient rapidement puisqu’il n’a été incarcéré que quatre mois à la prison Saint-Roch de Toulon avant d’être « gracié pour raisons de santé ».

Un CV de militant d’extrême-droite long comme le bras

Frédéric Boccaletti, au moment des faits était secrétaire départemental adjoint dans le Var du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret. Pour beaucoup, Frédéric Boccaletti fait partie des purs et durs du RN. Déjà dans les années 1990, il était secrétaire adjoint du FN de la jeunesse. Il monte progressivement les échelons au niveau local. Aujourd’hui, il est conseiller régional dans la région Sud (Provence-Alpes-Côte d’Azur), conseiller communautaire de la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée et conseiller municipal de Six-Fours-les-Plages. En parallèle de la vie politique, Boccaletti est le patron de la librairie toulonnaise Athinéa spécialisée en ouvrages négationnistes et antisémites. Rien de nouveau sous le soleil donc. Boccaletti est codirecteur de campagne de Thierry Mariani, un homme de confiance en Paca de Marine Le Pen, qui le qualifie d’ailleurs de « militant parfait » comme le rapporte Charlie Hebdo en 2021, un proche des négationnistes Delcroix et Faurisson, un participant de la Manif pour tous, entre autres. Connu pour ses nerfs fragiles, il est le candidat parfait aux législatives aux yeux de son parti puisqu’en 2017, il avait déjà été investi par le RN. Rebelote en 2022.

Derrière la « dédiabolisation » : on prend les mêmes et on recommence

Parmi les casseroles que traîne le parti d’extrême-droite, les propos antisémites et négationnistes ont toujours fait la réputation du RN. Jean-Marie Le Pen a été mis au banc certes, mais le parti conserve ses traits foncièrement réactionnaires et racistes, comme en témoigne nombre de ses militants proche ou au passé proche de groupuscules néo-nazis. Et ce malgré toute la politique de diabolisation impulsée par Le Pen fille en reprenant le contrôle du parti. Que ce soit Cherrier qui pense que « la croix gammée n’est pas antisémite » ou Groussard qui appelle à bombarder er à fusilier les supporters de l’équipe de football algérienne, l’investiture d’un candidat comme Boccaletti s’ajoute aux multiples sorties réactionnaires décomplexées d’autres militants RN. Face aux menaces, il est plus que jamais nécessaire de ne pas être dupe quant à la nature du RN et sa place sur l’échiquier politique français mais aussi ne pas entretenir d’illusions sur la manière de combattre la montée de l’extrême-droite. C’est par les mobilisations dans la rue et sur les lieux de travail qu’il convient de lutter contre l’extrême-droite. Mais il est également central de combattre résolument ce qui fait le terreau du RN, à savoir : la politique même du gouvernement Macron qui par ses lois réactionnaires, racistes et islamophobes pavent la voie à l’extrême-droite.



Mots-clés

Rassemblement National   /    RN   /    Élections    /    Marine Le Pen   /    Législatives   /    Extrême-droite   /    Politique