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Politique

Un test avant les régionales

Législatives partielles : LREM confirme ses difficultés d’ancrage sur fond d’abstention record

Ce dimanche 30 mai avait lieu le premier tour des législatives partielles dans quatre circonscriptions. LREM voient se confirmer ses difficultés d’ancrage en refusant de présenter des candidats dans 3 circonscriptions, tandis que la gauche institutionnelle subit une déroute à l’exception de Paris.

lundi 31 mai

Crédits photo : AFP

Ce dimanche 30 mai, quatre législatives partielles se tenaient et n’ont pas déplacé les foules. Avec un taux de participation ne dépassant pas les 26% dans l’Oise et proche des 15% dans le 20e arrondissement de Paris, les quatre élections visant à remplacer pour un an des députés ont connu une abstention record, dans le cadre d’échéances qui sont déjà habituellement marquées par une forte abstention. La raison ? Les multiples reports des élections liés à la situation sanitaire et l’approche d’élections aux enjeux plus lourds de conséquences : les régionales et les présidentielles. En effet, les députés qui sortiront vainqueur du second tour la semaine prochaine occuperont leur poste pour une durée de moins d’un an. Pour autant, ces élections dessinent un tableau des rapports de force entre les différentes formations politiques et exposent notamment une nouvelle fois les faiblesses de LREM.

Dans l’Oise, l’enjeu pour LREM était de taille. En 2017, le mouvement macroniste avait réussi à se hisser au second tour contre Olivier Dassault, le fils de Serge Dassault récemment décédé dans un accident d’hélicoptère. Pour succéder au marchand d’armes milliardaire, rien de tel qu’un autre membre de la famille. Victor Habert Dassault, neveu de Olivier Dassault, a été mis en selle par LR en un rien de temps et a remporté haut la main l’échéance électorale avec 58,44% des voies dès le premier tour. LREM sort humiliée du scrutin avec son candidat Karim Lamaaizi qui n’obtient que 4,57% des voix, soit 20 points de moins qu’au premier tour de 2017.

Dans le Pas-de-Calais, l’enjeu était particulièrement important pour LREM. La ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, se présentait à sa propre succession, son suppléant ayant décidé de quitter son poste de député. La ministre nommée en Juillet devait donc porter les couleurs des marcheurs dans un contexte où les appels du pied de la formation gouvernementale vers la droite et l’extrême droite se font de plus en plus pressants et nombreux à mesure que la présidentielle s’approche. Avec 34,95% des voix, la ministre LREM se place en tête, mais demeure talonnée par la candidate RN, Marie-Christine Bourgeois, qui emporte 24,02% des voix et la candidate LR, Faustine Maliar, qui récolte 19,2% des suffrages. Si la victoire est assurée par la candidate LREM au second tour, il n’en reste pas moins que LREM ne réussit pas à hégémoniser l’échiquier politique sur la droite, malgré le virage autoritaire clair du gouvernement.

Dans les deux autres circonscriptions, LREM avait choisi de ne pas présenter de candidat pour éviter la catastrophe, un signe de faiblesse évident. En Indre-et-Loire, LREM a ainsi laissé la voie ouverte à Sophie Métadier candidate investie par l’UDI et Les Républicains qui remporte 45 % des voix dans un scrutin marqué par un fort taux d’abstention. Dans la 15ème circonscription de Paris, l’absence de LREM dont la maire sortante Frédérique Calandra (ex-PS) avait essuyé un échec en 2020, a fait de la législative partielle un terrain de jeu pour la gauche institutionnelle. L’occasion de jauger le rapport de forces à l’heure où la rivalité entre un potentiel bloc PS-EELV et LFI se fait de plus en plus aiguë. Le scrutin a finalement donné l’avantage avec 25,6 % des voix à Lamia El Aaraje, candidate du PS et proche de Anne Hidalgo, dans la dernière circonscription que le parti possède encore dans Paris. Elle affrontera au deuxième tour Danielle Simonnet qui réalise un score de 20,8 % dans l’arrondissement au sein duquel elle est conseillère d‘arrondissement. EELV et le PCF réalisent de leurs côtés des scores respectifs de 18 et 10%. Leurs soutiens au second tour seront scrutés alors que le conseiller de Paris Jérôme Gleizes, interviewé par Regards a appelé à soutenir LFI tandis que le PCF doit se positionner dans les heures qui viennent. Après avoir pris part aux côtés d’Anne Hidalgo à la manifestation des policiers, le parti de Fabien Roussel va-t-il soutenir la candidate du PS ?

Finalement, ces élections à l’abstention record témoignent à nouveau des faiblesses de l’ancrage national de LREM, à l’image des élections municipales de 2020. En ce sens, la politique de fuite en avant sécuritaire, islamophobe et pro-forces de répression, portée notamment par Gérald Darmanin, semble loin d’avoir permis de renforcer la formation, tandis que le refus de se présenter démontre une certaine fébrilité. Dans le même temps, il convient de mentionner la déroute de la gauche institutionnelle qui réalise des scores très faibles dans 3 des 4 circonscriptions.




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