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Politique

Crise à LREM

Législatives partielles : nouvelle débâcle pour LREM sur fond d’abstention record

Les législatives partielles de septembre qui font suite aux municipales et au remaniement ministériel confirment la crise de la majorité présidentielle avec la perte d'un siège LREM à l'Assemblée nationale.

mardi 22 septembre

crédit photo : AFP

En vertu du non cumul des mandats, des élections municipales et du remaniement ministériel récents, des élections législatives partielles étaient organisées dimanche 20 septembre 2020 dans six circonscriptions du Maine-et-Loire, du Haut-Rhin, des Yvelines, du Val-de-Marne, de la Seine Maritime et de la Réunion pour renouveler les députés. La tendance de fond qui traverse le quinquennat Macron s’est une fois de plus illustrée lors de ce scrutin marqué par un très fort taux d’abstention. Après des municipales déjà marquées par une grande débâcle pour LREM, qui n’avait pas réussi son pari d’implanter le parti présidentiel dans les communes et les grandes villes, cette nouvelle échéance et ce nouveau revers sur le terrain des législatives résonnent encore plus durement. En effet, LREM se retrouve battu sur son terrain de prédilection, le terrain qui avait vu en 2017 une large majorité présidentielle investir l’Assemblée nationale et former un bloc compacte de gouvernement.

Trois années plus tard, la crise du régime apparaît au grand jour et l’érosion continue du bloc macroniste se confirme. En effet, sur les six circonscriptions remises en jeux, aucun candidat macroniste n’arrive à rafler la mise et à s’imposer. Seuls des députés appartenant à des partis implantés de longue date arrivent à tirer leur épingle du jeu et à participer au second tour qui se tiendra dimanche prochain. Même là où LREM était arrivé au second tour en 2017, les députés en lice n’ont pas réussi à rassembler assez de voix pour tenter de se faire élire.

Dans la 11ème circonscription des Yvelines, LREM perd même un siège. La député Nadia Hai, nommée récemment ministre déléguée à la Ville, a démissionné de son poste pour provoquer une élection partielle. Celle qui avait créé la surprise en 2017 en évinçant Benoît Hamon de son fief ne souhaitait pas que son suppléant, Moussa Ouarouss, prenne sa place. En effet, ce dernier est actuellement sous le coup d’une instruction judiciaire pour trafic de drogue entre la France et le Maroc.

Le candidat LREM dépêché pour conserver la circonscription arrachée par LREM trois ans auparavant, Pierre Luce, ne parvient pas à se hisser au second tour et voit son nombre de votants divisé par deux en comparaison du score de Nadia Hai. Le candidat reconnaît lui-même dans un tweet que « le résultat […] est sans appel : notre projet en soutien du Gouvernement n’a pas mobilisé ni convaincu ». Dans la 6ème circonscription du Pas-de-Calais, la député LREM Brigitte Bourguignon, passée ministre déléguée chargée de l’Autonomie, risque de devoir partir en campagne pour se faire réélire alors même que son suppléant ne souhaite pas du poste de député et préfère se consacrer à sa mairie d’Ardres, preuve que le siège LREM à l’Assemblée nationale ne fait plus vraiment rêver... En cas de législatives partielles, la place de LREM n’est là aussi pas assurée puisqu’en 2017 la député Brigitte Bourguignon avait remporté son siège face au RN et sans avoir de candidat socialiste à affronter, ce qui pourrait désormais être le cas.

Le désaveux que constitue cette législative partielle pour LREM confirme la lente mais réelle érosion du bloc macroniste après trois années de gouvernance marquées par des mouvements sociaux éruptifs et une perte de légitimité du pouvoir en place.




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