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Société

Les 62 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié de la population mondiale.

Un rapport publié lundi 18 janvier par Oxfam révèle que les 62 personnes les plus riches du monde ont accumulé autant de richesses que ce que se partagent 3,5 milliards d’habitants, un chiffre alarmant, qui met nettement en évidence l’ampleur des inégalités à l’échelle mondiale.

mercredi 20 janvier 2016

Oxfam est une ONG internationale basée en Suisse et engagée dans la lutte contre la pauvreté, qui dispose de sièges dans plus de 17 pays. Lundi 18 janvier, elle a publié un rapport, à quelques jours de la réunion annuelle du Forum économique mondial qui aura lieu du 20 au 23 janvier à Davos (Suisse), intitulé « Une économie au service des 1%. Ou comment le pouvoir et les privilèges dans l’économie exacerbent les inégalités extrêmes et comment y mettre un terme. »

Dans l’introduction du rapport d’Oxfam on trouve le constat suivant : « La crise mondiale des inégalités atteint de nouveaux sommets. Les 1 % les plus riches possèdent désormais davantage que les 99 % restants. Ils font usage de leur pouvoir et de leurs privilèges pour biaiser le modèle économique et creuser le fossé qui existe entre eux et le reste de la population. Un réseau mondial de paradis fiscaux a permis aux plus riches de cacher quelque 7 600 milliards de dollars. La lutte contre la pauvreté est vaine si la crise des inégalités n’est pas résolue. »

Le document communique des données relatives à la pauvreté, à l’inégalité sociale et à la concentration de richesse dans les mains d’une poignée de personnes. Ainsi, en 2015, 62 personnes possédaient à elles seules les mêmes richesses que 3,5 milliards de personnes, parce que leur fortune n’a eu de cesse de grandir, quand les pauvres sont devenus plus pauvres encore.

La fortune des 62 personnes les plus riches au monde a augmenté de 44 % depuis 2010 alors que les richesses de la moitié la plus pauvre de l’humanité ont chuté de près de 41 %. Presque la moitié de ces millionnaires sont américains, 17 autres sont européens, et le reste d’entre eux provient de pays comme la Chine, le Brésil, le Mexique, le Japon et l’Arabie Saoudite.

« Les dirigeant-e-s du monde s’inquiètent de l’aggravation de la crise des inégalités sans pour autant prendre des mesures concrètes. Le monde est devenu beaucoup plus inégalitaire et la tendance s’accélère dans ce sens » a déclaré la directrice générale de Oxfam International, Winnie Byanima, dans le communiqué accompagnant la publication du rapport. Elle a ajouté : « Nous ne pouvons pas continuer à laisser des centaines de millions de personnes souffrir de la faim, alors que les ressources qui pourraient les aider à sortir de cette situation sont captées par l’élite économique et financière ».

En effet, Gabriel Zucman, professeur adjoint à Berkeley, l’université de Californie, cité par le rapport, calcule que 7 600 milliards de dollars de capitaux privés détenus par des individus sont placés dans des paradis fiscaux, hors de leur pays d’origine, et que si des impôts étaient prélevés sur les revenus produits par cette richesse, les États disposeraient de 190 milliards de dollars de plus par an.

Par exemple, 30 % des avoirs financiers africains seraient placés sur des comptes à l’étranger, ce qui représente un manque à gagner fiscal de 14 milliards de dollars par an, explique Oxfam, sur la base du travail de Zucam, dans son rapport « Une économie au service des 1% ».

« Les multinationales et les grandes fortunes n’obéissent pas aux mêmes règles que le reste de la population, en refusant de payer les impôts dont la société a besoin pour fonctionner correctement. Le fait que 188 des 201 plus grandes entreprises du monde soient présentes dans au moins un paradis fiscal montre qu’il est temps d’agir » a déclaré Byanima.




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