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Politique

Après la baisse de 5 euros...

Les APL vont baisser pour 1,2 millions d’allocataires, 600 000 autres n’en toucheront plus

Après la première réduction des APL en début de mandat, les aides au logement sont de nouveau dans le viseur du gouvernement. Objectif : 1 milliard d’euros d’économie. Dans les faits, près de 600 000 allocataires ne toucheront plus d’aides et 1,2 millions d’entre eux devraient voir leurs aides diminuer.

jeudi 7 novembre

Crédit photo : Martat Nascimento / REA

C’est par courrier que, ce jeudi, les allocataires des APL ont été notifiés de la réforme du calcul de leurs prestations. Actuellement, les allocations au logement sont calculées sur les revenus datant de deux ans auparavant. Il faut noter qu’en cas de perte d’emplois, les APL peuvent être recalculées. Après la mise en application de la réforme, le 1er janvier prochain, les aides seront calculées sur les revenus des douze derniers mois, et recalculées tous les trois mois.

Selon le gouvernement, cette réforme devrait permettre de calculer les aides « au plus près des revenus des allocataires » sans pour autant affecter les aides des allocataires. En réalité, environ 1,2 millions d’allocataires devrait voir leurs aides baisser, et 600 000 personnes pourraient voir leurs aides tout bonnement supprimées.

De plus, le gouvernement a décidé de ne plus indexer les APL sur l’indice de révision des loyers. C’est à dire que l’on devra encore dépenser plus pour se loger alors que les aides, elles, vont baisser. Pour se défendre sur ce point, ils expliquent que cela n’aura pas d’impact, grâce notamment à la suppression de la taxe d’habitation et de l’impôt sur la fortune. Or, la grande majorité de la population ne paye pas d’ISF et les plus pauvres sont exonéré de la taxe d’habitation. La réforme n’aura pas d’impact sur les plus fortunés, qui de toute façon n’ont pas de problème pour payer leur loyer. Par contre les plus pauvres auront moins d’aide pour payer des loyers plus chers.

En 2018, le taux de pauvreté a augmenté en France et atteint 14,7% de la population. C’est l’effet direct de la politique de Macron, et cette réforme, qui vient s’ajouter à beaucoup d’autres, ne peut que faire augmenter ce taux.

Il s’agit véritablement d’une attaque de plus du gouvernement. Après la réforme du chômage, la hausse du prix du gaz et des cigarettes de la semaine dernière, et avant la réforme des retraites de l’an prochain, le gouvernement repart à l’offensive après le coup d’arrêt que lui a imposé le mouvement des Gilets Jaunes il y a un an. C’est ce que sembe indiquer Edouard Philippe à ses troupes peu avant le début annoncé de la mobilisation contre la réforme des retraites le 5 décembre prochain. Il ne fait aucun doute que ce nouveau train de réforme ne sera arrêté que par une mobilisation au moins aussi massive que celle de l’an passé.




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