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Les États-Unis à nouveau l’épicentre de l’épidémie sur fond de crise politique

Alors que Trump continue de s'accrocher de toutes ses forces au pouvoir, les États-Unis redeviennent l'épicentre mondial de la pandémie, dépassant le seuil des 250 000 morts et les 11 millions de contaminations.

jeudi 19 novembre

Illustration : Un femme plante un drapeau américain pour chaque victime du coronavirus, à Washington. Crédit photo : Alex Edelman / AFP

Une crise sanitaire d’ampleur

Selon l’Express, « Après l’Europe, la pandémie de Covid-19 semble s’être trouvée un nouvel épicentre. Déjà fortement touchés lors de la première vague, les États-Unis font face à un regain épidémique inquiétant. Depuis le premier cas détecté sur son sol le 21 janvier, le pays a enregistré plus de 250 400 morts, et a dépassé les 11,6 millions de contaminations. Des chiffres qui en font le pays le plus impacté par le SARS-CoV-2 dans le monde. En comparaison, la France a dépassé mardi la barre symbolique des 2 millions de cas. » De plus, les festivités de Thanksgiving font craindre une explosion de cas. Celles-ci ont lieu le quatrième jeudi de Novembre et représentent l’une des principales fêtes familiales du pays.

Cette crise a poussé à la fermeture des écoles de la ville de New York à partir de ce jeudi. Cela faisait moins de deux mois que les écoles avaient rouvert leurs portes malgré les revendications des personnels et des parents d’élèves qui estimaient que les mesures sanitaires en place étaient insuffisantes. Comme l’expliquent nos camarades de Left Voice aux États-Unis, depuis la réouverture des écoles, de nombreux enseignants gardaient leurs fenêtres ouvertes pendant les cours, même par des températures très basses, en raison de l’absence de ventilation dans les écoles. À New York comme ailleurs, les dirigeants politiques ont fait preuve d’une grande impréparation face à cette seconde vague et ce sont les élèves et parents les plus précaires qui en font le plus les frais, avec la difficulté pour suivre les cours en ligne pour les premiers et la difficulté à faire garder leurs enfants pour les seconds.

… sur fond de crise politique et économique

Cette gestion sanitaire catastrophique est aggravée par la polarisation politique qui marque le pays. Comme le souligne RFI, « Contrairement à la première vague en mars dernier, qui avait particulièrement touché les grandes villes comme New York, les régions rurales ne sont plus épargnées aujourd’hui, bien au contraire. Les États où la pandémie progresse le plus vite sont le Dakota du Nord et du Sud, et l’Iowa, tous trois républicains. La gouverneure de l’Iowa, qui a longtemps clamé son hostilité au port du masque, a finalement été contrainte de l’imposer. Comme elle, les responsables républicains du Dakota du Nord et de l’Utah ont mis en place cette directive après avoir passé des mois à la contester. Il faut dire que le taux de positivité dépasse les 50% dans certains de ces États. Dans le Dakota du Sud, la situation est également préoccupante mais malgré des chiffres alarmants, la gouverneure républicaine Kristi Noem refuse de mettre en place des gestes barrières, comme l’obligation de porter des masques. »

Cette polarisation est encouragée par Donald Trump. Non seulement le président sortant continue de minimiser la gravité de la pandémie mais de plus, il concentre désormais toute son énergie à s’accrocher toujours davantage au pouvoir et tenter de maintenir l’existence du « trumpisme ». Comme nous l’écrivions précédemment, deux semaines après l’élection américaine dont il refuse toujours de reconnaître le résultat, Donald Trump est reparti à l’offensive sur le terrain international. Menace de frappe en Iran (pour laquelle il s’est ensuite rétracté), nouvelles mesures contre la Chine ou bien encore intensification des forages en Arctique en passant par le retrait des troupes en Afghanistan et en Irak... Autant de signes que Trump tente de laisser sa marque dans la politique étrangère des États-Unis.

La classe ouvrière et les minorités paient la crise

Le retard dans l’application de mesures sanitaires conséquentes tient d’ailleurs en grande partie d’une volonté des leaders républicains – mais aussi des démocrates – de maintenir au maximum les profits du grand patronat. Comme l’écrivent nos camarades de Left Voice, même les États qui ont instauré des confinements rapides semblent avoir assoupli les mesures beaucoup trop tôt, pour une durée trop longue et ce en grande partie afin de relancer l’économie et revenir à la « normale ».

Aux crises sanitaire et politique s’ajoute la crise économique. Non seulement de nombreux travailleurs vont perdre leurs revenus à cause des mesures de confinement, voire leur emploi si les entreprises font à nouveau faillite, mais la perte de recettes engendrée par ces fermetures a déjà entraîné des coupes drastiques dans les prestations de base telles que l’éducation, les transports et la santé, dont les travailleurs dépendent plus que jamais. Les chiffres du chômage sont d’ailleurs en forte hausse. Selon Ouest France , « Entre le 8 et le 14 novembre, 742 000 Américains se sont inscrits au chômage, en forte augmentation par rapport à la semaine précédente. »

Comme l’écrivent nos camarades aux États-Unis, c’est la classe ouvrière qui paye pour ce virus, malgré les milliards de profits réalisés par des sociétés comme Amazon, Microsoft, Visa et Zoom. La catastrophe qui se déroule actuellement aux États-Unis est un échec sanitaire de la politique dictée par les impératifs économiques et qui a placé les profits au-dessus de la santé des personnes les plus vulnérables du pays – à savoir les personnes âgées et les travailleurs, en particulier les personnes racisées, qui ont été laissées pour compte et sacrifiées en première ligne.




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