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Communiqué CGT Ford

Les Ford reclassés chez Safran ? La CGT dénonce "des fausses solutions de bricolage et d’enfumage"

Nous relayons ce communiqué de la CGT Ford, suite à l'annonce de l'ouverture en 2020 d'une usine du groupe aéronautique Safran de 200 salariés dans la métropole Bordelaise, où une poignée d'ouvriers de Ford pourraient être embauchés. Une annonce dont le ministre de l'économie Bruno Le Maire s'est empressé de se réjouir.

Crédit Photo : Page Facebook CGT Ford

Communiqué Cgt-Ford : il y a une usine qui ferme et une catastrophe sociale derrière

Des annonces pour dissimuler la gravité d’une usine qui ferme ?

L’annonce fait du bruit et elle est là pour ça. Le groupe Safran annonce créer une nouvelle usine au Haillan avec 200 emplois. Tout est dit et repris sans conditionnel alors que tout le monde sait très bien que jamais ces choses-là se déroulent jamais comme annoncées et que les emplois promis n’arrivent jamais complètement voire parfois pas du tout.
Rappelons-nous, en 2008, alors que Ford se préparait déjà à fermer son usine, plusieurs annonces de créations d’emplois avaient été faites : les éoliennes pour l’usine Ford (repreneur HZ), une usine pour fabriquer des panneaux solaires à Parempuyres, par exemple. Aucune des deux annonces ne s’est concrétisée : 0 emplois !

Sur l’annonce du jour, si nous regardons de près, les 200 emplois promis, ce n’est pas avant 2024, au mieux visiblement ce serait 165 emplois à 2023, pour aller vers les 200 les années suivantes ("à terme").

Dernière chose, on apprend que 30 à 50 emplois seraient proposés aux salariés de Ford. Une bonne nouvelle pour nous ? Si c’est le cas, faudra voir quel sera vraiment le nombre de propositions ? et puis pour qui ? Pour des cadres ? Pour des ouvriers opérateurs ?

Il faut savoir que tous les emplois qui seront ainsi proposés aux salarié.e.s "Ford" auraient dû l’être aux dizaines de milliers de girondins ou aquitains qui sont au chômage depuis déjà trop longtemps ... si l’usine Ford ne fermait pas ! Pour faire du bruit, pour faire illusion, sans doute que d’autres entreprises diront "regardez, combien de propositions d’emplois il y a ! vous voyez que la région est attractive !". Mais qui fera la soustraction entre licenciements-suppressions et recrutements ? Et qui comparera les niveaux de salaires, les types de contrats (CDI ou intérims-CDD) avant et après ?

Ce genre d’annonce a visiblement un objectif, celui d’embrouiller la réalité, de relativiser la gravité de la situation, celui de dissimuler l’inefficacité et l’échec de l’action des pouvoirs publics, que ce soit la Région ou l’Etat. Une usine ferme et personne n’a su l’empêcher ou assurer une reprise d’activité. Une usine ferme et ce sont 872 emplois directs qui sont supprimés + près de 2000 emplois induits qui vont disparaître.

Nous rappelons que l’intersyndicale mène la bataille pour la ré-industrialisation rapide du site. Un groupe de travail, avec Bercy, les collectivités territoriales, l’intersyndicale, que nous avons demandé, devrait se mettre en place, aurait dû déjà être mis en place. Nous attendons encore la première réunion qui doit avoir lieu prochainement avec le ministre B. Le Maire.

Nous demandons que l’Etat et l’ensemble des pouvoirs publics agissent fermement en récupérant l’argent indûment perçu par Ford, en réquisitionnant l’usine, et le parc machines, en se donnant les moyens de maintenir une activité, en élaborant tout simplement une stratégie industrielle pour réimplanter, d’ici la fin de l’année, une activité qui permettrait de sauver le collectif de travail et des centaines d’emplois directs.

Pour nous la bataille n’est pas finie, loin de là. Nous restons déterminés pour que l’usine ne devienne pas une friche et que des centaines d’emplois soient vraiment préservés. Pour qu’au bout on ne se fasse pas baratiner par des fausses solutions de bricolages et d’enfumages.

La CGT Ford Blanquefort le mercredi 13 mars 2019




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