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Politique

Trains à l’arrêt, dépôts de bus bloqués, ponts et routes occupés.

« Les cars Macron » mobilisés pour briser la grève : ils ne feront pas le poids !

Prévoyant une grève exceptionnellement suivie des transports SNCF et RATP, notamment en région parisienne, Macron a imaginé de se muer en société de transports urbains pour acheminer les travailleurs au boulot… Manque de bol pour lui, très tôt ce matin, ça bloquait déjà sérieusement de tous les côtés…

jeudi 5 décembre 2019

Macron décidé à jouer les « jaunes »

Non content de dénigrer et de diviser les travailleurs pour tenter de dézinguer la journée du 5 décembre …et les suivantes, Macron a imaginé, de constituer son propre service de transports appuyé sur les Flixbus, Blablabus et Ouibus de tout poil, pour permettre de livrer aux patrons la chair à boulot quotidienne de ceux qui ne seraient pas en grève.

Ne reculant devant aucun moyen pour saper le mouvement de grève et démontrer sa force il a obtenu une dérogation à la réglementation des transports longue distance pour mettre en place un service entre Saint-Denis, banlieue nord de Paris, et Massy-Palaiseau, au sud, en passant par la capitale, doublant ainsi pratiquement le RER B.

Même si l’opération est odieuse, elle n’a malgré tout pas beaucoup de chances d’être efficace. De l’aveu même du secrétaire d’Etat en charge de l’opération, on peut au mieux envisager une vingtaine de cars opérant sur la liaison, soit environ 10 000 passagers par jour. En tout état de cause, le montage ne sera pas opérationnel pour le 5 décembre et devrait plutôt se mettre en place si, ce qui est plus que probable, le mouvement se prolonge et s’amplifie.

La direction de la RATP a, de son côté, mis en place des accords avec 35 opérateurs de mobilité alternative. Toutefois, consciente des risques et du ridicule de l’opération « cars Macron », elle a précisé que cette initiative ne faisait pas partie des solutions qu’elle retenait, de crainte de fâcher encore davantage les agents de la RATP déjà très remontés.

La région Ile-de-France a par ailleurs rendu le covoiturage gratuit en partenariat avec cinq plates-formes (BlaBlaLines, Covoit’ici, Karos, Klaxit, OuiHop) autrement dit, en puisant sur les deniers publics.

Toutes ces initiatives cumulées, l’ensemble des solutions mises en place, permettra quelques 400 ou 500 000 voyages. Pour odieuse qu’elle soit, l’opération « briseur de grève » de Macron et des partenaires à sa solde apparaît dérisoire.

Des transports sous contrôle des grévistes

Face à ces gesticulations, la puissance des travailleurs mobilisés apparaît d’une autre dimension.

Au centre du mouvement, les grévistes de la RATP et de la SNCF sont au rendez-vous. Seuls deux métros (automatiques) peuvent circuler. Les TGV sont quasiment tous à l’arrêt avec une circulation de quelques trains conduits par des cadres réquisitionnés pour la circonstance.

Quant aux voyageurs, ils ont déserté les gares. On a pu assister à cette scène extraordinairement savoureuse d’un TGV partant à l’heure de Rennes… mais quasiment vide !

Beaucoup de travailleurs précaires, ou qui pour de multiples raisons ne pouvaient pas faire grève, ont pu s’appuyer sur l’absence de transports pour ne pas se rendre au travail. Certains le disaient d’ailleurs très explicitement hier lorsqu’on les interrogeait sur leur participation à la grève d’aujourd’hui.

Les bus, qui auraient pu être une alternative aux trains et aux RER ont été le théâtre de blocages spectaculaires dès très tôt ce matin

Au dépôt Pleyel Ratp c’était le blocage des bus conduits par les stagiaires et travailleurs de moins d’un an qui peuvent se faire licencier et qui ont notamment reçu l’appui des profs. On pouvait voir des slogans qui annoncent la convergence sous laquelle va se dérouler la journée. « On commence ensemble, on finit ensemble ».

A 7 heures du matin, la braise chauffait au dépôt de bus RATP Flandres à Pantin où la grève est suivie à 83 %, un chiffre encore plus important que le 13 septembre.
Au total, un bus sur 3 seulement circulent dans la capitale actuellement.

Sur l’autoroute A1, les routiers bloquent et font preuve de créativité. Un faux chantier de travaux pour bloquer la circulation qui n’a été enlevé que bien plus tard pour enchaîner sur une opération escargot. Des Gilets jaunes ont ouvert le péage de Saint Arnoult depuis ce matin.

Ce n’est pas au boulot qu’il faut aller mais en manifestation

Les seuls cars utiles à prendre aujourd’hui sont ceux qui ont été mis en place dans l’ile de France par les organisations syndicales pour se rendre à la manifestation à Paris gare de l’Est. Le nombre de cars et les points de départs se sont multipliés. Le site Démosphère a compilé tous les départs en bus depuis les départements d’Ile-de-France pour rejoindre la manifestation. C’est plus de 90 bus qui convergeront sur Paris. Tou.te.s en manif à Paris et dans toute la France !




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