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Les conséquences de la crise économique fragilisent un peu plus l’Union Européenne

Dans son dernier rapport, la commission européenne annonce que les conséquences économiques du covid-19 seront pire que prévue. Cependant ces résultats n’affectent pas tous les pays de l’UE de la même façon. Le soutient aux entreprises mais aussi les mesures de confinements ont été bien différentes d’un pays à l’autre. Ces différences pourraient accentuer les fissures dans le bloque européens, déjà fragilisé par le Brexit.

mardi 7 juillet

Crédit photo : MARTIN OESER AFP

L’impact de la pandémie de covid-19 est pire que prévue pour la commission européenne qui a mis à jour ses estimation. La contraction de l’économie atteint les 8,1% en Europe et 8,3% dans la zone euro. Un rebond est attendu qui devrait permettre une reprise relative pour 2021, mais il faudra attendre plus longtemps pour que le PIB retrouve ses niveaux d’avant la pandémie. En terme d’impact sur le PIB, c’est la Pologne et l’Allemagne qui s’en sortent le mieux, notamment dû à l’importance du secteur industriel dans ces pays.

A l’inverse, la France, l’Italie et l’Espagne ont été les plus touchés avec des baisses de l’ordre de 10%. Ces pays ont été les plus impacté par l’épidémie, notamment l’Italie mais aussi la France où le confinement déclenché trop tard a durée plus longtemps que dans d’autres pays. Il faut aussi noter que dans ces pays, le secteur du tourisme occupe une place importante dans l’économie.

Un autre aspect à considérer qui sera déterminant pour la reprise de l’économie est la quantité d’aides que les différents gouvernements ont injectés dans leur économie. A l’échelle de l’union européenne c’est 2 300 milliards de dollars qui ont été injectés dont 43,5% par l’Allemagne seule suivie de la France et l’Italie qui ont injecté un peu moins de 20% chacune. Ces mesures ont visé à assurer les liquidités des entreprises pendant le confinement mais aussi ont permis de consolider leurs budgets pour faire face à la récession à venir. Ces mesures permettent d’attaquer la réouverture de l’économie, à l’image de l’Allemagne dont les commandes « intérieurs » repartent à la hausse..
La discussion autour des « eurobond » au début de l’épidémie reflète cette inégalité en termes de capacité d’injection monétaire. En effet, les pays du « sud » de l’Europe voulaient obtenir de l’UE des obligations communes afin de pouvoir emprunter à des taux relativement bas. A l’opposé, l’Allemagne s’est montrée très réticente à ses mesures étant donné sa facilité d’accès aux prêts.
Plus concrètement, ces mesures pourraient être les précurseurs d’une « reprise en K » dans laquelle l’écart entre les pays centraux de l’UE et les pays périphérique se creuserait. En effet, dans les pays de l’ancien bloc soviétique qui ont intégré l’Union Européenne à partir de 2005, les délocalisations d’entreprises et la sous-traitance pour les pays dominant de l’Union représente une part importante de l’activité. Dans ces pays, où les aides ont été loin de celles en France ou en Allemagne, la dépendance aux donneurs d’ordre occidentaux ne peut que s’accentuer.

Si nous entendons davantage à propos des APC et des annonces de fermetures d’usines en France, la logique derrière ces augmentations de l’exploitation est démultipliée dans les pays d’Europe Centrale et de l’Est. Le ralentissement global de l’économie aura un impact relatif plus important dans ces pays où les entreprises occidentales pourront durcir les conditions d’exploitations dans un contexte où les travailleurs ont moins de droits.

Ces inégalités entrent pays accentuent aussi les faiblesses de la construction de l’Union Européenne. Par exemple, on peut considérer la dégradation des relations entre la Pologne et l’Allemagne alors que la première vague de covid-19 s’estompe. L’un des candidats à la présidentielle, le très conservateur Alexandre Duda, à accuser l’Allemagne d’interféré avec le suffrage polonais. De plus, la Pologne se trouve dans un jeu d’influence où les Etats-Unis ont annoncés le retrait d’une grande partie de leur troupe en Allemagne pour les déplacer en Pologne.

Cet exemple de dégradation des relations internes met en lumière de nouvelles fissures dans l’UE après les débats sur les obligations communes et le Brexit et la politique vis-à-vis du Royaume Unis et de la City qui divise aussi l’UE.




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