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Jeunesse

Non à la précarité

Les étudiants moniteurs de la Bibliothèque Sainte-Barbe en grève contre la précarité

Face au mépris du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la fac de Paris 3, les étudiants moniteurs de la Bibliothèque Sainte-Barbe à Paris relèvent la tête. Rendez-vous sur leur piquet de grève le 5 décembre !

mercredi 2 décembre 2020

Crédits image : bsb.univ-paris3.fr

C’est en pleine pandémie, alors que la précarité étudiante n’a jamais été aussi visible et urgente, que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et l’Université Paris 3 (qui gèrent tous les deux l’établissement) voudraient économiser 3 jours de salaires à leurs employés les plus précaires : les moniteurs étudiants.

Alors que la bibliothèque était fermée suite aux mesures sanitaires, la direction voudrait voir les moniteurs étudiants retourner au travail en période d’examens non seulement sans ces 3 jours de salaire, mais en leur proposant de "rattraper" ce manque dans leur salaire avec des heures supplémentaires.

Pour couronner le tout, la direction, qui dépend du Ministère et de l’Université Paris 3, voudrait maintenant contraindre les étudiants moniteurs à accepter de nouveaux contrats pour l’année 2020-2021 qui renforceraient la précarité et l’instabilité de leurs salaires.

Un mépris profond à l’image de ce que sont ces contrats : derrière le vernis social ou culturelle ou la prétendue opportunité offerte aux étudiants, ces postes ne sont que des petites mains qui servent de variable d’ajustement à l’établissement. Premiers appelés pour couvrir plus d’amplitudes horaires et augmenter la capacité d’accueil du public, mais aussi premiers pénalisés par l’arrêt de l’activité, comme le montrent ces 3 jours de salaires non payés. Payés à l’heure, leurs nouveaux contrats pour l’année 2020-2021 risquent aussi de menacer toute garantie de revenu mensuel stable.

Mais il s’agit aussi d’un mépris qui entache toute l’attitude de ce gouvernement envers la jeunesse. Plateforme bidon pour l’emploi, derrière le coup de com’ d’1jeune1solution, la plateforme se contente de renvoyer aux offres déjà proposées par Pôle Emploi, ou vers les missions locales et les offres de services civiques… Sans parler du manque cruel de moyen alloué aux universités, qui ne leur permettent de rouvrir qu’en février pour mieux maintenir les partiels et la sélection sociale.

Génération "sacrifiée" mais pas résignée, les étudiants moniteurs de la Bibliothèque Sainte-Barbe entrent en grève et intègrent leur lutte dans le paysage d’un véritable nivellement par le bas des conditions de travail dans la fonction publique et les institutions culturelles ou de l’enseignement supérieur. C’est ce que dénonçaient déjà les Bibliothèques en lutte en grève en décembre dernier, et que dénoncent aujourd’hui les mouvements de grève à la BNF et à la Bibliothèque Publique d’Information.

En lame de fond, c’est un véritable désenchantement sur les conditions de travail dans la fonction publique tant pour les permanents que les vacataires et les contrats précaires, mais aussi des questionnements sur les positions de ces institutions. Car il devient de plus en plus difficile pour leurs directions, qui dépendent pour la plupart de l’État ou de l’Enseignement supérieur, de continuer de justifier le fait de vouloir jouer un rôle social en envoyant des vacataires à la rencontre du public sans plan sanitaire adéquat en pleine pandémie à la BPI, ou en précarisant des contrats étudiants à la Bibliothèque Sainte-Barbe.

Dans les bibliothèques, la crise du COVID a révélé tout le mépris avec lequel sont traités les petites mains invisibles derrière ces institutions. Et la combativité des étudiants moniteurs de la Bibliothèque Sainte-Barbe incarne un signe qui va dans le sens d’un possible mouvement de fond dans la jeunesse précaire qui relève la tête, allant vers une prise de conscience et une combativité accrue, dans un contexte de crise économique historique, et d’attaques majeures contre le monde du travail à venir.

Rendez-vous le 5 décembre à 10h sur leur piquet de grève place du Panthéon !

Donnez à la caisse de grève !




Mots-clés

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