"Entre la police et moi, un vieux compte qui ne sera jamais réglé"

Les flics et l’antisémitisme, selon Maurice Rajsfus

Maurice Rajsfus

Les flics et l’antisémitisme, selon Maurice Rajsfus

Maurice Rajsfus

Ce qui fait le pouvoir de la police, c’est sa capacité à imposer la terreur. Bien entendu, on nous parlera de « l’ordre républicain », mais c’est oublier un peu vite la façon dont cet ordre a été imposé, sur le territoire « métropolitain » et dans les colonies au nom de cette même république ou dans son prolongement.

[Photo prise en 1942 de Juifs internés dans le camp de Drancy après avoir transité par le stade du Vélodrome d’Hiver à Paris.]

Il en va ainsi pour les crimes coloniaux, pour le massacre des Algériens du 17 octobre 1961, pour Charonne, pour les violences policières contre les manifestant.e.s et les grévistes au cours des années 1968, et ce jusqu’à aujourd’hui et, bien entendu, pour le rôle de la police française au cours de la Collaboration. La Rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1941, en est l’illustration la plus sombre.

Maurice Rajsfus, le grand historien des violences policières, militant révolutionnaire et internationaliste décédé, il y a deux semaines, à l’âge de quatre-vingt-douze ans, se souvient de cette journée, depuis les « coups sourds » dans la porte du domicile familial, au petit matin, jusqu’au « miracle » de son exfiltration, en fin d’après-midi, lui qui fut, avec sa sœur, l’un des rares survivant de cette rafle.

(Ré)écouter la voix de Rajsfus, dans cette archive INA de 1997 que nous proposons, ici, est autant un hommage à sa trajectoire politique qu’un rappel, salutaire, de ce dont la police française et la gendarmerie sont capables : répondre à leur terreur par notre mémoire, qui n’est pas l’histoire que veut nous asséner le pouvoir constitué.

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