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Monde

#StopProductionNonEssentielle

Les gouvernements italiens et espagnols forcés d’arrêter les activités non essentielles sous la pression des travailleurs

En Italie et en Espagne, pays les plus touchés par la pandémie, la croissance exponentielle du nombre de personnes contaminées, la saturation du système sanitaire ainsi que les explosions de colère ouvrière ont poussé les gouvernements à arrêter les secteurs de l’économie non-essentiels. En France, la lutte continue.

mardi 31 mars

 STR / AFP 

Si hier, la casse des services publics ou la réforme des retraites nous rappelaient que l’Etat protège toujours les intérêts des grands capitalistes, aujourd’hui, le maintien de la production non essentielle ou les attaques sur les congés payés et les 35h nous rappellent que les gouvernements et le patronat, derrière les appels à « l’unité nationale », sont aussi prêts à condamner la vie de milliers de travailleurs pour garantir ces intérêts.

Les cas de l’Italie et l’Espagne, qui sont respectivement, avec 11 591 et 8 189 morts, le deuxième et le troisième pays les plus touchés au monde par la pandémie, en témoignent largement. Même si ces deux pays ont annoncé des mesures de confinement début mars, la réalité, c’est que des centaines de milliers de travailleurs de secteurs non-essentiels comme l’automobile, l’aéronautique, le textile ou la métallurgie ont dû continuer à se rendre au travail en mettant leur santé et celle de ses proches en danger pour le seul intérêt du patronat. En plein développement de l’épidémie, la continuation de l’activité économique non-essentielle s’est traduit par des transports publics blindés, tel qu’on pouvait le voir à Barcelone, et par le maintien en fonctionnement de concentrations ouvrières énormes, comme c’est le cas de l’usine aéronautique italienne Leonardo avec 36 000 salariés. Ce n’est pas un hasard que les foyers de contagion, autant en Italie (Lombardie), ou en Espagne (Pays Basque et la Catalogne), soient aussi les principales zones industrielles de ces pays.

Aujourd’hui, les gouvernements de ces pays ont décidé de stopper partiellement l’activité non-essentielle. Mais en réalité ce n’est pas tant dû au fait que les systèmes sanitaires sont largement saturés et que le tri des patients devient de plus en plus la règle, qu’à la colère des travailleurs, qui commençait à se faire sentir.

En Italie, la promesse faite de la fermeture des secteurs non essentiels s’est accompagnée de la volonté du gouvernement Conte (alliance du centre-gauche et du Mouvement Cinq Etoiles-M5S) et de la Confindustria (le Medef italien) de maintenir en activité plusieurs secteurs de l’économie, pourtant eux aussi inutiles à la résolution de la crise. Une décision qui a vite été remise en cause par des mises en grèves et des débrayages ce 25 mars. En Lombardie et au Latium, dans l’industrie du papier, le textile, la chimie ou encore la métallurgie, la grève a été suivie par 60 à 90% des travailleurs.

Ce 30 mars, le gouvernement espagnol, avec le Parti Socialiste et Podemos à sa tête, a aussi annoncé la fermeture de certains secteurs non-essentiels, poussé par la décision italienne mais aussi par la crainte que la combativité ouvrière ne s’installe dans le pays. De fait, les débrayages massifs dans l’industrie automobile ou encore la grève illimité à laquelle ont appelé les travailleurs d’Airbus Espagne laissaient la porte ouverte à un scénario à l’italienne.

En France, à quelques jours du pic de l’épidémie et alors que les hôpitaux sont déjà saturés, le gouvernement et le patronat font pression sur les salariés afin qu’ils continuent à travailler. C’est notamment le cas de PSA ou encore d’Airbus qui, avec l’appui du gouvernement, essaient de faire reprendre le travail depuis le début de la semaine dernière. Et cela contre l’avis des professionnels de la santé, qui appellent au maintien des seules activités professionnelles vitales, afin d’empêcher le système de santé d’être débordé.

Comme l’ont rappelé les travailleurs italiens en grève ou encore des travailleurs de PSA Valenciennes et de l’aéronautique à Toulouse, en vérité, seuls les travailleurs peuvent imposer la fermeture des secteurs non essentiels, contre l’intérêt du gouvernement et du patronat !

N’attendons pas que le nombre de contagions et de morts augmente ! Pour toutes les personnes confinées qui ne peuvent pas manifester dans la rue leur soutien aux ouvriers en lutte pour la fermeture de leur usine, nous vous proposons de rejoindre une campagne à mener sur les réseaux sociaux : #StopProductionNonEssentielle !




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