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Du Pain et des Roses

Université Paris VIII

Les grévistes d’Ibis Batignolles à P8 pour parler stratégie et féminisme

Alors que ces « petites mains invisibles » de la sous-traitance hôtelière sont en grève illimitée depuis le 17 juillet pour exiger leur internationalisation à Ibis Batignolles, mais aussi contre la réforme des retraites, elles étaient hier invitées par le département de philosophie et le collectif « Du Pain Des Roses » à l’université Vincennes-Saint-Denis dans le cadre d’un séminaire sur le féminisme, la grève et la stratégie.

jeudi 20 février

Suite à la grève inédite de la RATP/SNCF contre la réforme des retraites, longue de plus d’une cinquantaine de jours, et toujours ouverte aux rebondissements alors que la conférence de financement tenue par l’exécutif et la CFDT promet de remettre au cœur du projet l’âge pivot, une part des enseignants-chercheurs et des personnels ont décidé de se mobiliser et de voter la perspective d’une grève reconductible à partir du 5 mars. Pour construire cet objectif, des cours alternatifs ont émergé dans plusieurs départements, parmi lesquels ce séminaire du département de philosophie co-organisé avec le collectif féministe « Du Pain Des Roses » pour remettre la question de la stratégie et de la grève au centre des débats féministes, mais aussi pour faire rentrer des grévistes dans la Fac dans une séquence marquée par le retour de la lutte des classes en France, mais pas seulement, comme l’a démontré la situation au Chili, à Hong-Kong, en Algérie, au Liban, en Équateur, etc.

Ainsi plus d’une cinquantaine d’étudiants, quelques profs et personnels ont répondu présent hier pour échanger avec ces guerrières en lutte depuis plusieurs mois contre un géant du capitalisme : le groupe ACCOR, propriétaire, en autres, d’Ibis, Mercure, Sofitel ou encore Novotel. Aussi sont-elles revenues sur les caractéristiques d’un secteur fragmenté, disloqué de la classe ouvrière, largement sujet à la sous-traitance. À ce titre, le secteur de l’hôtellerie en fait un exemple très frappant, en reproduisant tout particulièrement en son sein une division sexuelle et raciale du travail. De plus, la narration des conditions très difficiles et répétitives qu’exigent les tâches de ménage ont trouvé une résonance avec les propos de Françoise Verges qui avaient été diffusé pour pointer une « économie de l’épuisement » et saisir la dynamique d’un secteur du capitalisme meut par une logique « d’extraction-exploitation-épuisement » selon ses mots.

Applaudis à de très nombreuses reprises pour leur combat, les grévistes d’Ibis, de l’avis général, nous ont partagé de précieux témoignages de lutte, et la puissance de la grève, capable de libérer la parole d’un viol et dénoncer au grand jour des agressions auxquelles elles sont souvent exposées, soumises à des conditions de travail précaires.




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