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Construire la grève dans les transports toulousains

Les grévistes de Tisseo cherchent à étendre la grève

Les grévistes de Tisseo font le tour des dépôts de bus pour informer et encourager leurs collègues à rejoindre le mouvement. Tous les soutiens sont bienvenus pour cette semaine décisive dans la bataille contre la réforme des retraites !

mardi 14 janvier

Tisseo compte un peu moins de 3000 salarié·es qui travaillent sur les différentes lignes de bus, tramway et métro de Toulouse. Suite à un premier appel à rassemblement pour differ à la prise de poste jeudi dernier, organisée par les travailleurs mobilisés pour tracter un appel à la grève auprès de leurs collègues, le taux de grévistes s’élève aujourd’hui à 10%, principalement chez les conducteurs de bus. Cette semaine, les grévistes réitèrent l’opération et appellent la population et les secteurs mobilisés à venir les soutenir sur les piquets pour étendre la grève.

Dès 5h ce matin, des conducteurs grévistes de la CGT Tisséo diffusaient des appels à la grève et des fiches de déclaration de grève (le droit de grève étant limité à Tisséo puisque les agents doivent se déclarer grévistes a minima 48h en avance) à la sortie du dépôt d’Atlanta. Une centaine de personnes sont venues les soutenir, dont des profs, des agents de la cité administrative et des ouvriers de l’aéronautique, des étudiant·es et des gilets jaunes. Un début de blocage de la route, quelques dizaines de mètres après le dépôt, a été initié par les soutiens pour empêcher les bus de quitter le dépôt, avant qu’il soit décidé collectivement de s’en tenir à un barrage filtrant, le temps d’un tract et d’une discussion avec le conducteur, tel que pensé par les grévistes. En effet, il s’agit à ce stade, pour les grévistes de Tisséo, d’éviter une grève passive, par procuration, du côté des travailleurs qui ne sont pas encore en grève mais aussi la répression policière et celle de la direction pour les grévistes qui sont encore très minoritaires. Une pression qui s’incarne notamment par un « travail au corps » des nouveaux entrants pour les persuader que « les anciens sont des aigris, des emmerdeurs et qu’il ne faut pas les écouter quand ils parlent de grève. Les gens doivent être heureux d’avoir un poste à Tisséo, mais moi j’ai deux enfants, je serai pas heureux qu’ils soient conducteurs de bus » nous confiait un gréviste. Le poids de la répression patronale des années passées est encore présent puisque la direction fait planer la menace d’amendes très lourdes en cas de blocage, comme cela est arrivé lors de précédents conflits. A Tisséo, se font également ressentir les conséquences de la division syndicale puisqu’il existe de nombreuses structures qui ne se coordonnent pas voire ont tardé à se mettre en mouvement et à construire la grève.

Un mouvement de grève conséquent chez Tisseo pourrait être un point d’appui important pour augmenter le rapport de force à Toulouse en paralysant les transports et en incitant le secteur du privé à rejoindre la bataille aux côtés des grévistes en reconductible. L’enjeu est d’autant plus grand que les premières trahisons des directions syndicales de la CFDT et de l’UNSA sont en cours, ces dernières allant négocier pour le gouvernement les modalités pour économiser 12 milliards d’euros sur le dos des travailleurs, avec les organisations patronales suite au « faux recul » d’Edouard Philippe en ce qui concerne l’âge pivot. De ce fait, il est indispensable que la grève soit généralisée au plus vite, en particulier dans le privé, qui concentre la majorité des travailleurs et où la grève peut toucher directement les intérêts des capitalistes qui veulent nous imposer cette réforme.

Dans cette perspective, afin de leur prêter main forte et de visibiliser leur grève, nous pensons qu’il est nécessaire de venir soutenir les grévistes de Tisseo lors des actions qu’ils organisent, notamment sur les dépôts de bus de Colomiers et Langlade, respectivement demain et jeudi à 5H. En particulier, les étudiant·es qui ont plus de temps mais aussi une grande détermination potentielle ont un rôle à jouer à ce niveau de la grève, en se liant aux travailleurs en lutte sur les piquets et en y amenant leurs forces et leurs revendications étudiantes, pour un salaire étudiant qui permettrait (en lien avec une lutte contre les lois sélectives au lycée et à la fac) aux enfants d’ouvriers de faire des études mais aussi féministes et antiracistes pour politiser la grève également au-delà de la simple question défensive du retrait de la réforme et exprimer l’ensemble de la colère qui bout contre Macron et tout le système qu’il incarne. C’est aussi en mettant en avant des mots d’ordre pour lesquels il vaut le coup de se battre, tant à un niveau sociétal que sectoriel, que les salariés du privé verront la nécessité de la grève pour gagner sur ces revendications.




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