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Notre classe

Robins des bois de l'énergie

Les grévistes de l’énergie offrent un Noël lumineux à des foyers précaires

Autour de dates de mobilisation contre les faux semblants écologiques d’EDF et en se joignant au mouvement qui a débuté le 5 décembre contre la réforme des retraite, les travailleurs du secteur de l’Energie montrent leur détermination contre la destruction des services publics et la politique menée par le gouvernement. Ce 24 décembre, une action contre la précarité énergétique a été menée par les grévistes permettant à 24 foyers de passer Noël éclairé et au chaud.

mercredi 25 décembre 2019

Crédit photo DR

Des actes de mobilisation dans le secteur de l’Energie

Depuis le début du mouvement, les grévistes ont participé aux grosses journées de mobilisation et également organisé des actions de coup de poing. Les coupures de courants orchestrées par les grévistes, notamment à l’encontre d’Amazon, de préfectures ou de permanences de la République en Marche, ont d’ailleurs suscité d’importantes polémiques et été condamnées « avec fermeté » par Elisabeth Borne et Edouard Philippe.

Des plaintes ont même été déposées contre les grévistes et les médias n’ont eu de cesse de monter la population contre ce mode d’action, décrit comme « dangereux ». C’est pourtant seulement leur droit de grève qu’ont exercé par ces actes ces travailleurs, tout comme ils l’ont fait le 24 décembre, en décidant de rétablir le courant dans les foyers où celui-ci avait été coupé faute de paiement des factures.

Des « robins des bois de l’énergie »

Ainsi, ce 24 décembre, la CGT Energies 33 a rétabli le courant dans 24 foyers en situation de précarité énergétique. Dans le communiqué, les grévistes se décrivent comme des « robin des bois de l’énergie  », et c’est le cas de le dire ! De fait, après avoir coupé l’énergie à « tous ceux qui s’attaquent sans vergogne au monde du travail, aux travailleurs, en pratiquant des licenciements massifs, en imposant des conditions de travail déplorables  », les grévistes ont décidé d’offrir le rétablissement de l’électricité « aux plus précaires énergétiques »

Alors que 13 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique, notamment à cause de l’augmentation progressive du coût de l’énergie, qui suit le cours de la libéralisation du secteur, avec 35% en plus pour l’électricité et 75% pour le gaz depuis 2015, pour les grévistes il s’agissait d’offrir un Noël éclairé à ceux qui ont vu leur courant coupé faute d’avoir de quoi le payer. Les grévistes ont ainsi permis à une mère célibataire qui élève seule ses deux enfants, « partie sans rien » après sa séparation et « qui survit de boulots précaires qui ne suffisent plus à subvenir aux charges du foyer » de passer un Noël illuminé. Des squats et des logements de fortunes ont eux aussi pu compter sur l’appui de ces héros de Noël pour se chauffer et s’éclairer en cette fin de mois de décembre.

Une grève pour les intérêts de la majorité de la population

Contrairement à ceux qui, depuis le début, font croire à une « prise d’otage » par les grévistes des usagers et qui tentent de diviser la population autour de la grève, les travailleurs en grève se battent pour les intérêts de la majorité et cette action le montre bien. Une nouvelle démonstration que le combat des grévistes est loin d’être « corporatiste » et est voué à permettre aux plus précaires, aux femmes, aux générations futures de vivre mieux. Contre une réforme dont tout le monde va subir les frais, tous les moyens sont bons pour gagner mais ici se pose aussi la question de l’organisation de la société qui serait la plus favorable à tous.

De fait, alors que EDF est progressivement privatisée pour permettre à une minorité de faire du profit et que, comme le raconte le communiqué, une propagande pro-macroniste est organisée à l’intérieur, de plus en plus de foyers en pâtissent. Les augmentations du coût de l’énergie, un des besoins majeurs surtout dans la période hivernale, ne permettent plus à toute la population de se chauffer et de s’éclairer correctement. Au-delà de ceux qui se voient couper le courant, acte d’une violence inouïe, on pense à ceux qui sont obligé de limiter leur consommation et de subir le froid ou la peur de ne pas pouvoir payer leur facture le mois prochain.

Alors qu’Elisabeth Borne et le gouvernement ne prennent aucune mesure pour contrer cette précarité et qu’ils sont mêmes ceux qui ont permis la destruction du service public de l’énergie, les travailleurs sont les seuls à pouvoir y remédier. Il apparaît clairement que si c’était eux qui dirigeaient la société, personne ne se retrouverait dans ce type de situation.




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