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Titularisation des contrats précaires !

Les hôpitaux craquent, le CHU de Bordeaux met à la porte une contractuelle

Le CHU de Bordeaux décide de mettre à la porte une agente contractuelle après trois années au sein de la blanchisserie. Alors que ce service, qui gère l'ensemble du linge des patients et hospitaliers, se trouve en sous-effectif, ce nouvel exemple démontre comment la direction utilise ces précaires comme variable d'ajustement.

mercredi 22 juin

Crédit photo : Charly Triballeau/AFP

Patricia Rodriguez travaille depuis le 21 octobre 2019 à la blanchisserie du CHU de Bordeaux, en tant qu’agent d’entretien qualifiée contractuelle. Ce grade, le plus bas dans les salaires de la fonction publique hospitalière, permet de travailler souvent dans les services de logistique. Alors qu’un CDI lui avait été promis, et que la buandière suis actuellement une formation professionnalisante afin d’obtenir un diplôme d’entretien des textiles en industrie, le responsable de la blanchisserie a décidé de ne pas renouveler son contrat. Elle est accusée de manquer d’assiduité dans le cadre de sa formation, alors même que son évaluation professionnelle est irréprochable.

La possibilité pour les agents contractuels de passer en CDI est une nouveauté. Auparavant, ce type de contrat était proposé au bout d’un an de service aux agents en CDD, mais excluait les non-titulaires. Après une pression exercée par la CGT Blanchisserie auprès de la directrice des ressources humaines à plusieurs reprises, le syndicat a finalement obtenu le passage en CDI de ces derniers au 1er mars 2022 pour tous les agents de plus d’un an d’ancienneté. Patricia devait donc signer son contrat.

Mais au cours de sa formation, l’agente est confrontée à ce qu’elle considère comme une forme d’harcèlement. Comme le mentionne Patricia pour Révolution Permanente : "Je passe le CAP cette année, mais je suis rabaissée à plusieurs reprises par les formateurs". La direction ne la garde pas par "manque d’assiduité" et de concentration aux cours de CAP. Le rapport circonstancié fait par le responsable, et remit par la RH lors d’un entretien mentionne cela et indique qu’au 31 juillet, son contrat ne sera pas renouvelé.

Pourtant, le travail qu’effectue Patricia en tant que buandière ne lui est pas reproché, bien au contraire. Sa dernière évaluation fait part d’une agente de niveau satisfaisant, et suggère un passage en CDI. En réalité, la direction du CHU de Bordeaux se sert de ces salariés au statut précaire comme variable d’ajustement, alors que les différents services de l’Hôpital sont soumis à des réductions d’effectifs et doivent faire toujours plus avec moins de moyens.

Un recours a été fait auprès du DRH de l’Hôpital de Bordeaux qui s’est rangé derrière l’encadrement de la blanchisserie, malgré tous les éléments apportés par les représentants syndicaux qui ont accompagné leur collègue.

La situation dont subie Patricia n’est pas un cas isolé et doit être dénoncée, car nous savons que l’hôpital manque cruellement de personnel : une situation mise en lumière par la crise sanitaire. Si les services de soins connaissent de nombreux dysfonctionnements, la précarité des agents est également quotidienne dans les métiers de la logistique et de l’entretien, à l’image des buandiers, des agents de service hospitalier, en charge du ménage, ou encore des cuisiniers. Les démissions, ruptures conventionnelles ou mises en disponibilité prises par les buandiers se multiplient cette dernière année. Le personnel manque cruellement, et cela, depuis des années.

Ces mécanismes de précarisation des agents de la fonction hospitalière, particulièrement criante au plus bas de l’échelle, fait partie intégrante de la logique de la casse de l’Hôpital public. Soutien à Patricia ! Nous devons exiger sa titularisation immédiate, ainsi que celle de l’ensemble des contractuels précaires indispensables au bon fonctionnement de l’hôpital et de la chaîne de soins. Mais cela n pourra s’obtenir que par un seul moyen, l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses de tous ces secteurs contre les directions, mais aussi contre ce gouvernement qui ne cesse de précariser nos vies.



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