^

Jeunesse

La jeunesse est dans la rue

Les lycéens se mobilisent pour leur avenir : plus d’une vingtaine de lycées bloqués en région parisienne

De nombreux lycées étaient bloqués ce matin à Paris. La jeunesse lycéenne est mobilisée au côté des salariés depuis le 5 décembre contre la réforme des retraites, mais aussi contre la réforme du bac imposée l'an dernier par Blanquer, et l'avenir qui leur est proposé dans une société en crise.

mercredi 18 décembre 2019

Lycée Turgot à Paris

On parle d’environ 25 lycées bloqués pour la région parisienne avec une radicalité importante et des affrontements à la police, qui réprime toujours plus durement les lycéens mobilisés. On aperçoit des pancartes avec les inscriptions « No Futur », « On n’est pas des cobayes » ou « On est là car vous ne faites rien », témoignant de l’angoisse du futur et du peu d’espoir pour l’avenir qui poussent les lycéens à se mobiliser, alors que la réforme des retraites du gouvernement promet à ceux qui auront la chance d’entrer sur le marché du travail à 25 ans, de ne pouvoir en sortir qu’à... 69 ans ! Egalement, une radicalité importante et des affrontements avec la police qui réprime durement les lycéens mobilisés et n’hésite pas à contrôler arbitrairement, utiliser la gazeuse ou les matraques pour repousser les élèves. Mais aussi avec la présence de nombreux soutiens extérieurs, et l’opinion favorable de certains élèves initialement venus pour aller en cours.

Lycée Voltaire

Lycée Jules Ferry

A Hélène Boucher et Maurice Ravel les lycéens ont même été soutenus par les grévistes du dépôt de bus RATP de Lagny situé juste à côté et ont bloqué tout le cours de Vincennes. Déjà tôt le matin la police avait tenté de les déloger et d’empêcher la mise en place du blocus mais les lycéens ont résisté et réussi à tenir. Par la suite les policiers ont même fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de rouvrir Hélène Boucher mais sans succès, les jeunes mobilisés ont répliqué en jetant des œufs et réussi à repousser la police.

Lycée Hélène Boucher

A Colbert, où les lycéens avait été durement réprimés le 4 décembre déjà avec notamment une jeune fille au pied blessé par une voiture de police, l’utilisation de gaz lacrymogène et deux interpellations, la police est intervenue pour tenter d’enlever les barricades mises en place.

A Monet, l’administration a passé un cap dans la collaboration avec la police et les laisse entrer à l’intérieur et piéger les lycéens mobilisés. Là aussi les policiers ont chargé et utilisé la gazeuse.

Les violences policières se multiplient donc envers les jeunes qui se mobilisent et s’accentuent. Des policiers suréquipés sont intervenus pour faire cesser la jonction des lycéens avec le mouvement d’ampleur commencé depuis le 5 décembre et que le gouvernement ne voudrait pas se voir augmenté par la présence de la jeunesse. Le gouvernement semble prêt à tout pour annihiler toute révolte lycéenne.

Mais la mobilisation ne s’est pas arrêtée aux blocages et les lycéens ont également manifesté et dans d’autres villes, comme Lille ou Lyon il y aussi eu des actions. Un moyen pour les jeunes de montrer leur détermination face à un gouvernement et une société qui ne correspondent pas à leurs aspirations. Beaucoup de lycéens s’étaient déjà mobilisés pour le climat depuis le début de l’année et leur colère ne faiblit pas.

Après déjà 14 jours d’une grève massive et une journée de mobilisation en hausse le 17 décembre, les lycéens et la jeunesse pourraient jouer un rôle moteur pour renforcer la contestation. Le gouvernement est de plus en plus fébrile après la démission forcée de Jean Paul Delevoye et la jeunesse pourrait être l’étincelle pour le faire tomber. En province certaines facultés sont d’ailleurs déjà entrées dans la lutte et le réveil des lycéens est en cours. Après des réformes de l’enseignement qui renforcent la pression et la sélection, des suicides qui montraient la précarité subie par les jeunes ou encore les revendications féministes et écologistes portées par de nombreux jeunes, tout montre que la jeunesse a tout intérêt à se joindre à la lutte menée par les travailleurs contre la réforme des retraites et Macron !




Mots-clés

Jeunesse   /    Jeunesse