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Politique

Traitement médiatique

Les médias à la botte de la politique colonialiste et meurtrière de l’État israélien

« Conflit israélo-palestinien », « Drame entre Israël et le Hamas »… Les titres de presse se suivent et se ressemblent, alignés sur un traitement médiatique de la situation qui au mieux renvoi dos-à-dos l’État israélien colonialiste et le peuple palestinien opprimé, au pire rejette sur ce dernier la responsabilité des terribles affrontements.

jeudi 13 mai

Les évènements récents ont placé la situation israélo-palestinienne sur le devant de la scène médiatique et politique. L’État israélien a mené une brutale répression contre les jeunes palestiniens mobilisés, notamment dans le quartier de Sheikh Jarrah, dans Jérusalem Est, après que la police israélienne a interdit l’accès à la Porte de Damas et tenté d’empêcher l’accès à la mosquée d’Al-Aqsa, en plein mois de Ramadan. La colère de la jeunesse palestinienne a éclaté, alors que la Cour Suprême donnait raison à des colons qui cherchent à déloger des familles palestiniennes installées dans ce même quartier depuis des décennies.

La répression menée par l’État sioniste a été sanglante : les derniers chiffres font état de 83 Palestiniens morts à Gaza dont 17 enfants, victimes des frappes israéliennes, ainsi que de 487 blessés. Pourtant, encore une fois, le traitement de la situation par les médias dominants est particulièrement orienté et témoigne d’un soutien sans faille des classes dominantes envers l’État colonial d’Israël.

L’immense majorité des articles de presse et des émissions qui traitent le sujet occultent totalement l’origine de la révolte de la jeunesse palestinienne, en omettant quasi systématiquement de rappeler les agressions perpétuelles de l’armée et de l’extrême-droite israéliennes qui ont fait exploser la colère des Palestiniens. Les titres qui abordent la situation sont particulièrement parlants : « Conflit israelo-palestinien : troisième nuit d’affrontement et aucun répit en vue » titrait 20 minutes ce jeudi. Dans la même veine, sur le site de Franceinfo, on peut trouver un article intitulé « Israël-Palestine : les violences continuent entre le Hamas et Tsahal », tandis que sur LCI la page consacrée à ce sujet est nommée « Israël-Palestine : la crainte d’un nouvel embrasement ». Le point commun entre ces nombreux articles : ils ne mettent jamais l’accent sur l’origine des affrontements, et taisent la politique d’apartheid menée par l’État d’Israël.

« Plus de mille roquettes tirées vers Israël, des frappes continues sur la bande de Gaza et au moins 62 morts : l’affrontement armé entre le Hamas et l’Etat hébreu ne révèle, mercredi, aucun signe d’apaisement et laisse craindre une « guerre à grande échelle », a alerté la veille l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland. » pouvait-on lire en introduction d’un article du Monde centré sur les réactions de la communauté internationale qui déplore une « escalade dramatique ».

Les affrontements armés semblent donc n’avoir aucune origine, aucun point de départ, et font de la situation un « drame » théâtralisé aux origines floues ou abstraites, sans jamais dénoncer la politique d’Apartheid meurtrière de l’État israélien. Mais par-dessus tout, ces articles de presse renvoient dos à dos l’État israélien et les Palestiniens colonisés. Dans l’extrait de l’article du Monde ci-dessus, les mille roquettes tirées vers Israël par le Hamas constituent une information qui vient avant les dizaines de morts sous les frappes israéliennes à Gaza. Les médias traitent ces affrontements comme un conflit symétrique, alors qu’il oppose une armée sur-entraînée et sur-équipée à de jeunes palestiniens qui ne disposent d’aucun armement et subissent depuis des décennies les agressions israéliennes et la politiques coloniale.

Dans la plupart des titres de presse, la jeunesse palestinienne n’est même pas évoquée, et la situation est réduite à l’affrontement entre l’État israélien et le Hamas, pourtant loin de représenter les intérêts des Palestiniens en lutte alors même que la majorité des victimes à Gaza sont des civils. « Ce qu’il faut savoir sur les tensions entre Israël et le Hamas » était intitulé un article du Figaro paru mercredi.

Mais le pire dans le traitement médiatique de cette situation, c’est que nombre de médias finissent par rejeter sur le dos des Palestiniens l’horreur des affrontements qui font rage depuis près d’une semaine. Malgré la politique colonialiste et meurtrière d’Israël, malgré le fait que l’immense majorité des morts sont à déplorer à Gaza, en dépit de l’asymétrie totale de ces affrontements, de nombreux médias ont relayé une dépêche AFP en titrant : « Pluie mortelle de roquettes sur Tel-Aviv, frappes musclées d’Israël sur Gaza ». Le titre de la honte, qui fait passer au second plan les frappes meurtrières d’Israël ayant causé à ce jour plus de 80 décès à Gaza, pourtant relayé largement, depuis Libération jusqu’au Point, en passant par Le Parisien.

Alors que les médias cherchent à nier la politique d’Apartheid menée par l’État israélien à l’origine des affrontements et à invisibiliser les véritables raisons de la colère de la jeunesse palestinienne, voire à nier l’existence même de ces Palestiniens révoltés, il est urgent d’affirmer notre solidarité internationaliste avec la lutte du peuple palestinien. D’autant plus dans un pays impérialiste comme la France, où Macron a réaffirmé son soutien au gouvernement réactionnaire de Netanyahu. Dans un communiqué, ce dernier a « fermement condamné les tirs revendiqués par le Hamas et d’autres groupes terroristes » qui mettent « en grave danger la population de Tel Aviv" et nuisent "à la sécurité de l’État d’Israël ». Pire encore, Darmanin a interdit la manifestation parisienne du 15 mai contre l’agression coloniale israélienne, muselant ainsi les mobilisations contre la répression sanglante menée par Israël. Face au mépris des médias et au soutien abjecte du gouvernement : rendez-vous samedi dans la rue pour exprimer tout notre soutien aux mobilisations de la jeunesse palestinienne !




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