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Les mobilisations massives continuent au Soudan contre le coup d’État militaire

Après une mobilisation massive ce samedi, les travailleurs et la jeunesse soudanaise continuent leur lutte contre le coup d’Etat militaire d’al-Burhan.

lundi 1er novembre

Des centaines de milliers de personnes étaient présents ce samedi 30 octobre dans les rues de Khartoum pour lutter contre le récent coup d’Etat orchestré par les forces armées du Conseil Militaire de Transition (CMT). Celui-ci avait notamment suspendu la semaine dernière l’ensemble des cadres de transition politiques décidés entre l’armée et l’opposition autour d’une nouvelle transition constitutionnelle, à la suite de la chute du dictateur Omar al-Bachir en 2019.

Une semaine après le coup d’Etat des mobilisations massives ont eu lieu dans le pays, avec la mise en place de barricades dans les grandes villes comme dans la capitale à Khartoum. Ces mobilisations ont aussi été marquées par la présence massive de travailleurs et de membres de l’Association des Professionnels Soudanais (APS), principal syndicat du pays entré dans la bataille contre le coup d’Etat militaire. La mise en place de grèves générales massives pour contrer le pouvoir des militaires est une méthode historique des syndicats d’opposition au Soudan, et ce malgré la tentative de dissolution des syndicats opérées par Burhan.

Les mobilisations de samedi auraient laissé un bilan humain d’au moins 3 morts et plus d’une centaine de blessés dus aux tirs à balles réelles et à l’utilisation massive des gaz lacrymogènes.

Des organisations comme le Comité de Médecins qui viennent en aide aux manifestants depuis les mobilisations massives de 2019 ont dénoncé le fait que plus de 110 personnes auraient été blessées par l’armée. Les mobilisations massives demandent la chute du gouvernement militaire et la restauration d’un gouvernement civil. Aux mots d’ordre de « Non au gouvernement militaire ! » les mobilisations ont traversé tout le pays d’El Obeid jusqu’au Port Soudan.

Les femmes présentes massivement dans les mobilisations de 2019 ont-elles aussi repris un rôle central dans la mobilisation contre le coup d’Etat militaire, alors qu’elles avaient été parmi les premières à s’opposer à l’entrée de l’armée dans le gouvernement de transition.

Plusieurs articles de la constitution de transition pactée après 2019 entre les FLC (Forces pour la liberté et le changement) et l’actuel CMT ont été suspendus, dont ceux censés assurer la représentation majoritaire de la société civile dans l’Assemblée législative. La transition qui devait être menée pour 2024 a principalement été suspendue par l’arrestation par les militaires de Burhan du premier ministre civil Abdallah Hamdok.

Cette attaque grave s’est accompagnée de la tentative par le nouveau gouvernement militaire d’une répression féroce : entre suspension des réseaux sociaux, de la télévision et de la radio et arrestations massives de manifestants et de dirigeants de l’opposition civile. Une attaque qui aura très vite reçu une réponse de taille dans la rue, de la part des travailleurs comme des femmes et de la jeunesse qui ont déjà lutté en 2019 contre la dictature d’al-Bachir.

Malgré le prétendu soutien porté par Blinken, le secrétaire d’Etat de Biden, la jeunesse, les femmes et les travailleurs soudanais ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Car ce n’est ni dans le giron de la Banque Mondiale, ni dans celui du FMI qu’il sera possible d’obtenir victoire contre les militaires. Les prétendues négociations et autres accords avec les militaires ont montré jusqu’à aujourd’hui leurs conséquences désastreuses, menant au retour d’un coup d’Etat militaire dictatorial et autoritaire venu mettre fin aux conquêtes des révoltes de 2019. Les mobilisations de ce samedi sont une nouvelle démonstration que la seule opposition réelle et conséquente contre les militaires n’est autre que celle des rues soudanaises.




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