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Les ouvriers de Allard Emballages en grève pour imposer des mesures sanitaires minimales

Alors que de nombreuses activités reprennent, les travailleurs des secteurs essentiels continuent de lutter pour des conditions sanitaires dignes. A Allard Emballages, face à un patronat agressif, les ouvriers se sont mis en grève pour obtenir des mesures d’hygiène minimales.

samedi 11 avril

Allard Emballages est une entreprise qui compte quatre sites dans l’hexagone et qui est détenue par le groupe familial Valois. Elle conçoit et fabrique des emballages en carton ondulé pour les entreprises des secteurs industriels et agro-alimentaires. Dans cette période, elle est considérée comme essentielle, et les travailleur•euse•s continuent donc de se rendre au travail la peur au ventre, craignant pour leur santé et celle de leur famille.

En effet, les conditions de travail dans l’entreprise sont marquées par la non-application des mesures d’hygiène, une gestion dramatique de la crise sanitaire sur le site d’Aubigné-Racan et, sur les deux sites, le refus de la direction d’accorder la prime COVID-19 de mille euros aux ouvrier•e•s. Face à cette situation, la CGT a appelé à un débrayage vendredi 10 avril 2020 sur au moins deux sites, Compiègne ainsi que le site d’Aubigné-Racan en Sarthe, dont les travailleurs ont provoqué l’arrêt.

Le site d’Aubigné-Racan est une papèterie produisant des bobines de papier/carton pour le groupe mais aussi pour des entreprises extérieures. Soixante-dix salarié•e•s travaillent sur ce site, où des débrayages et actions reconductibles ont été décidés par les ouvrier•e•s jusqu’au mardi 14 avril midi. Cette mobilisation est historique avec plus de la moitié des salarié•e•s en grève, soit quarante-et-une personnes.

Le mouvement fait suite à la situation sanitaire est déplorable, et à des relations avec la direction qui sont au plus mal. Les locaux ne sont nettoyés qu’une fois par semaine, sanitaires compris, la direction n’a pas mis à disposition du gel hydroalcoolique ou de désinfectant sur chaque poste, tout cela sur un fond de mépris de classe de la part de la direction. Lors de la réunion du Comité social économique central (CESC) du 8 avril 2020, face aux ouvrier•e•s qui ont commencé à réclamer que les sanitaires soient nettoyés par une entreprise professionnelle, celle-ci leur à répondu avec dédain : « si vous n’êtes pas content, vous n’allez qu’à aller chier et pisser dehors. »

Mais la provocation patronale ne s’arrête pas là, car les ouvrier•e•s ont été qualifié•e•s de « tire-au-flanc » sous prétexte qu’iels refusent de nettoyer eux même les locaux et l’atelier ! « Si nous sommes tous contaminé•e•s, nous serons immunisé•e•s. Et cela fera une sélection naturelle » a ainsi osé expliquer la direction, comme nous le rapporte la CGT Allard Emballages Varennes, jointe par téléphone.

Les ouvrier•e•s qui sont en grève revendiquent une désinfection massive des locaux une fois par jour, du gel hydroalcoolique sur chaque poste de travail, du produit désinfectant pour chaque salarié•e et une prime Covid-19. Depuis le dépôt du préavis de grève et le débrayage la direction joue le pourrissement de la situation et refuse de négocier avec les salarié•e•s.

Au moment où nous écrivons ces lignes, la grève est très suivie par les ouvrier•e•s. Pour rappel, cette usine tourne normalement sept jours sur sept, 24h sur 24h, et toutes les machines sont actuellement à l’arrêt. Les ouvrier•e•s par crainte des forces de répressions et des mesures de confinement ont décidé de ne pas tenir un piquet de grève mais de rester chez elleux, tout en se tenant régulièrement informés de la situation et de la continuité du mouvement enclenché. Les carnets de commandes sont pleins. Les ouvrier•e•s ne refusent pas le travail, mais il veulent travailler sans risque et sans mépris de la part de leur direction. Certain•e•s ouvrier•e•s ont passé leur vie dans la papèterie, la plupart habite autour du site, iels sont le savoir-faire de l’entreprise.

Ce mouvement, cette grève, sont une première, mais iels continueront de lutter, pour les revendications, pour leur santé et la défense des intérêts de leur classe. Tout en voyant la nécessité de s’organiser face à la crise sanitaire et aux capitalistes toujours avides de profits et aveugles à la situation sanitaire. Nos vies valent plus que leurs profits !




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