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Les ouvriers de General Electric en grève pour fabriquer des respirateurs artificiels

Aux États-Unis, les usines qui produisaient autrefois des moteurs à réaction pourraient bientôt produire des respirateurs artificiels, si les travailleurs de General Electric ont la possibilité de le faire. Ils ont manifesté ce lundi dans une usine du Massachusetts et au siège social de GE, exigeant que les usines qui seraient autrement inactives soient utilisées dans la lutte contre Covid-19.

mardi 31 mars

 Crédit photo : Image : Sebastien Bozon/AFP/Getty Images

Article initialement paru en anglais sur Left Voice 

Ce lundi 30 mars, les travailleurs de General Electric (GE) ont organisé un piquet de grève – suivant le protocole de distanciation sociale – dans les installations aéronautiques de GE à Lynn, dans le Massachusetts, et au siège de l’entreprise à Boston. Ils en ont assez que GE, qui a reçu il y a quelques jours à peine des milliards de dollars du contribuable dans le cadre du renflouement de l’entreprise, prévoie de licencier des milliers de travailleurs afin d’économiser des centaines de millions de dollars. Les patrons de GE essaient de se décharger de la crise sur les travailleurs en réduisant les coûts de la main-d’œuvre. Cette lutte illustre à la fois la nécessité d’un gel de tous les licenciements à l’échelle nationale et les moyens de gagner sur une telle revendication au niveau local.

Mais les ouvriers de GE se battent pour davantage que l’obtention des salaires qu’ils méritent. Les travailleurs syndiqués de la Division industrielle des travailleurs de la communication d’Amérique (IUE-CWA) sont conscients des forces productives impressionnantes de ces usines et ont commencé à demander ouvertement la raison pour laquelle ils sont licenciés, alors qu’ils pourraient construire les respirateurs artificiels dont il y a tant besoin pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Après tout, la division GE Healthcare est l’un des plus grands fabricants et les respirateurs artificiels sont tellement nécessaires que dans certains hôpitaux, des machines conçues pour un seul patient sont trafiquées pour en supporter deux. Une situation qui pousse même Trump a envisager la possibilité d’utiliser le « Defense Production Act » [loi pour réguler la production en temps de guerre] pour encourager fortement leur fabrication. Ces considérations ont conduit des travailleurs comme le président de la section 86004 de l’IUE-CWA, Jake Aguanaga, d’Arkansas City (Kansas), à se demander pourquoi GE leur fait confiance « pour construire, entretenir et tester des moteurs qui vont sur divers avions où des millions de vies sont en jeu » mais pas « pour construire des respirateurs artificiels » ?

C’est une bonne question, car elle affiche au grand jour les contradictions qui s’expriment dans la réponse des capitalistes au Coronavirus. Les patrons préfèrent que les gens meurent plutôt que de voir leur bilan s’aggraver. Ils font passer leurs profits avant la vie de millions de personnes. C’est pourquoi les gouvernements maintiennent en activité les entreprises non essentielles, c’est la raison pour laquelle les patrons font des efforts très minimaux pour assainir les lieux de travail ou fournir des équipements de protection, et la raison pour laquelle Trump et le Wall Street Journal s’acharnent à vouloir mettre fin au confinement au plus vite.

La solution des travailleurs, cependant, a été de se battre pour la production immédiate d’équipements vitaux comme les respirateurs artificiels, les masques et les désinfectants. Les syndicats ont exigé la fermeture de secteurs non essentiels, des congés de maladie et des normes de santé et de sécurité plus strictes, et ont eu recours à la grève pour donner de la force à leurs revendications, comme la grève générale en Italie et les diverses grèves et débrayages chez Amazon, Instacart, et la grève prévue chez Whole Foods. Les syndicats ont également commencé à coordonner des réponses communes, et les travailleurs de la santé en première ligne ont protesté pour obtenir l’équipement de protection individuelle dont ils ont besoin pour rester en bonne santé et sauver des vies.

En se battant pour que leurs usines soient réellement productives, les travailleurs de GE sont le dernier secteur ouvrier en date à s’être joint à la lutte contre la pandémie aux Etats-Unis et partout dans le monde, montrant ainsi qu’une alternative aux politiques de gestion de la crise par les classes dominantes est non seulement possible, mais aussi indispensable pour lutter efficacement contre la propagation du Covid-19.

Traduit par Julian Vadis




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