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Politique

Interdiction des licenciements !

Les ouvriers de Renault Maubeuge en grève après l’annonce des 4 600 suppressions d’emplois

Les salariés de l’usine Renault à Maubeuge se sont mis en grève ce vendredi matin suite aux annonces de Renault de 15 000 suppressions de postes dans le monde et 4600 en France. Les salariés refusent ce massacre de l’emploi ainsi que la fusion de leur site avec celui de Douai, qui signifierait la mort de leur usine.

vendredi 29 mai

Crédits photo : PHOTO PIERRE ROUANET - VDNPQR

Les salariés du site de Renault à Maubeuge sont en grève depuis ce vendredi matin suite aux annonces de suppressions de postes de Renault à la hauteur de 15 000 emplois dans le monde et 4600 en France. Selon le Courrier Picard, l’Intersyndicale (CGT, Sud, CFDT, CFTC, CFE-CGC) de l’usine affirme dans son tract que “les annonces faites par Renault n’ont rien de rassurant pour l’avenir de notre site (...) Une seule alternative, le rapport de force !” 100% du personnel se serait mis en grève dès ce matin pour refuser ces licenciements.

Dans le cas du site de Maubeuge, cette suppression d’emplois passera par la restructuration de l’usine ainsi que sa fusion avec le site de Douai, avec le déplacement de la production des voitures Kangoo à Douai. Pour Jérôme Delvaux, délégué CGT dont l’intervention a été filmée et publiée sur Facebook, “cela voudrait dire que c’est la mort de notre entreprise”. A Douai, site qui emploie environ 2900 personnes, les salariés s’interrogent sur la mise en place de cette fusion. Selon l’AFP, David Dubois, syndiqué à la CGT, se demande ainsi « Est-ce que notre usine sera un site d’assemblage ? L’usine de Maubeuge un site d’emboutissage ? A quel point notre site est-il en danger ? Quel est l’avenir de l’emboutissage chez nous ? C’est l’inquiétude et le questionnement qui règnent ».

Plus encore, la fusion des deux sites risque de mettre dos à dos les salariés des deux usines. Un risque dont les salariés ont pleinement conscience et qu’ils souhaitent combattre, réaffirmant leur solidarité. Un exemple progressiste de coordination des luttes montrant bien que pour gagner, il ne suffit pas de lutter usine par usine mais bien tous ensemble. Par ailleurs, les syndicats de l’usine se sont regroupés et forment pour l’occasion un front uni très large, avec en son sein la CGT, la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC et Sud.

Les salariés de MCA Maubeuge ont reçu beaucoup de soutiens, dont celui des salariés de Daher, entreprise sous-traitante de Renault, dont le groupe qui intervient aussi dans l’aéronautique a annoncé un plan de 3000 licenciements que nous dénoncions le mois dernier. Un bel exemple de solidarité qui montre que le combat est le même que l’on soit employé de la sous-traitance ou dans une entreprise donneuse d’ordres. Sur les réseaux sociaux, on voit également de nombreux intérimaires furieux des annonces de Renault.

Alors qu’une crise économique d’ampleur se profile et que les travailleurs seront les premiers à en payer les frais, il est urgent de s’organiser afin de refuser les licenciements massifs qui s’annoncent. En ce sens, les grévistes de Maubeuge ont appelé à une manifestation demain matin.




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