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Politique

Sois prof et tais-toi !

Les profs devront payer leurs tests salivaires. Réclamons leur gratuité et des moyens !

La gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement connaît une nouvelle étape. Après l'annonce en grande pompe du lancement de la campagne de tests salivaires dans les écoles, on apprend que ces tests seront payants pour les enseignants.

jeudi 18 mars

Crédit photo : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Un euro symbolique : c’est ce que devront payer les enseignants qui se feront tester dans les écoles. Tout un symbole ! Alors que Blanquer communique à tout va pour présenter la campagne de test comme un des piliers pour maintenir les écoles ouvertes, les enseignants se retrouvent exclus du dispositif. Pourtant, impossible de garder ouverte une classe s’il n’y a pas d’enseignant pour assurer le cours... ce simple élément a dû échapper au ministère de l’Éducation nationale, dont la spécialité réside davantage dans la suppression des postes que dans la gestion humaine de la crise sanitaire.

Comme en témoigne Sarah, une enseignante, au micro de Franceinfo, « on a trouvé que c’était un peu la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Si on se fait tester en ville, on ne paye rien, mais sur le lieu de travail, il faut débourser un euro ». De son côté, le gouvernement se défend en expliquant que le reste à charge appliqué par l’Assurance maladie s’applique pour tous les actes de biologie médicale sur le lieu de travail. L’absurdité de la situation et l’improvisation totale du gouvernement pourraient être risibles si nous n’étions pas depuis un an plongés dans une crise sanitaire hors norme.

Du côté des syndicats, on dénonce une mesure « déplacée et malvenue ». À chaque tournant de cette pandémie, le gouvernement cherche la solution à moindre frais. Rappelons que l’Éducation nationale ne fournit toujours pas les élèves en masques gratuits, et que les primes de revalorisations sont d’un montant ridicule. Les autotests à 1 euro s’inscrivent également dans les « gros problèmes de logistique » que pointe Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU. Elle dénonce également les décisions prises « le matin même, pour la journée » et le manque « d’information et de préparation », preuve s’il en était encore besoin de l’incurie du gouvernement.

La campagne de dépistage lancée par le gouvernement au retour des vacances d’hiver montre, une fois de plus, la volonté du gouvernement de faire peser sur les épaules de celles et ceux en première ligne toutes les difficultés de la crise sanitaire. À l’heure où les chiffres du ministère de l’Éducation nationale ne sont pas fiables, et où aucune campagne de vaccination prioritaire n’est annoncée pour les enseignants, faire payer le test salivaire relève purement et simplement de la provocation et de l’humiliation.




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