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Les raffineurs de ExxonMobil bloquent les entrées du site de Gravenchon pour leur 15ème jour de grève

Début d’une troisième semaine de grève pour les salariés d’Exxonmobil, en grève pour des augmentations de salaire. Ce lundi 3 octobre, ils ont décidé de bloquer les entrées de la raffinerie de Gravenchon.

lundi 3 octobre

Crédits photo : CGT ExxonMobil

« Comme on n’a toujours pas d’ouverture de négociations avec la direction, on a décidé de bloquer l’entrée principale de la plateforme d’ExxonMobil » résume Christophe Aubert, secrétaire du syndicat CGT ExxonMobil Gravenchon. Depuis maintenant quinze jours, les grévistes maintiennent une grève reconductible qui a touché toutes les activités de la raffinerie, qui est maintenant totalement à l’arrêt.

Ce matin, dès 6h, les grévistes ont décidé de bloquer deux entrées sur trois de la raffinerie, pendant près de quatre heures, jusqu’à la police intime aux grévistes de libérer les entrées. Résultat : des files de plusieurs kilomètres de camions aux entrées de la raffinerie normande, logée dans la dernière boucle de la Seine avant le Havre. « Les salariés sont encore motivés, et ils veulent durcir parce qu’ils sont énervés de voir une direction qui reste sur une position de principe » explique de son côté Reynald Prevost, coordinateur Force Ouvrière pour le groupe.

Alors que la direction reste sourde à toute revendication, les grévistes craignent que des réquisitions préfectorales ne commencent à tomber, un levier que le préfet peut activer dès que les syndicats et la direction ne s’accordent pas sur le nombre de travailleurs postés à laisser au travail pour surveiller la raffinerie même en période d’arrêt.

Pour les grévistes, la direction reste sur une position principielle : « clairement, la direction fait un choix dogmatique que camper sur leurs positions, de ne pas donner de salaires aux salariés d’Exxon, et ce malgré les pertes qui vont être engendrées. Ils pourraient faire des profits phénoménaux, ils préfèrent faire pourrir : c’est bien une position politique qu’ils prennent par rapport aux salaires » analyse Christophe Aubert, qui chiffre à près de 10 millions d’euros les pertes, par jour.

Alors qu’une raffinerie met au moins une semaine à redémarrer au bas mot, cela amènerait à des pertes de plus de 200 millions pour ExxonMobil. Cette position de principe est loin d’être anodine : les directions de Total et d’Exxon ont bien conscience que céder face aux grèves dans leurs entreprises pourraient être la porte ouverte à de nouveaux conflits dans toute la France.

Mais pour l’instant, la direction préfère se défausser sur la direction internationale : « c’est une position de principe : ils nous disent que cela vient des américains, de la corporation, c’est les texans, et ils ne donneront rien parce qu’on est en grève » explique Reynald Prevost. Une position de principe qui pourrait commencer à coûter très cher à l’entreprise, face à des grévistes qui ont décidé d’installer la grève dans la durée et de mettre en place une caisse de grève pour la soutenir, qui a atteint, à l’heure où nous écrivons, près de 3500€.



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