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Notre classe

Contre cette justice qui n’est pas la notre, reprenons nos moyens de production !

Ecopla. Contre la fermeture, les travailleurs votent l’occupation de l’usine

C’est à la fois la fin d’un chapitre dans la bataille pour conserver les emplois de l’usine d’Ecopla, mais également le début d’un nouveau chapitre qui s’ouvre : les ex-ouvriers de cette usine de barquette en aluminium situé en Isère, ont décidé hier de reprendre la main sur leur usine, mise en liquidation judiciaire au début de l’année. C’est la fin du combat devant les tribunaux, et le début d’un nouveau combat, sur le terrain de la lutte des classes. Un seul objectif : faire en sorte qu’Ecopla renaisse.

jeudi 15 décembre 2016

Une usine condamnée à la fermeture par les actionnaires et leur justice

Implantée à Saint-Vincent-de-Mercuze, en Isère, l’usine Ecopla, fondée en 1960, symbole de fierté dans la région et propriété du numéro un français de la barquette en aluminium, Alurec, est devenu un lieu de lutte sociale : une lutte, jusqu’au bout, pour le maintien de la production, contre les licenciements et la fermeture de l’usine. En effet, l’usine, a été revendue dans les années 2010 à un actionnaire australien, Jerry Ren, une des plus grosses fortunes d’Australie, qui cherche à user jusqu’à la corde l’entreprise, n’injectant jamais de fonds et se gavant de dividendes.

De fait, courant 2015, la chute des commandes est telle que certains syndicalistes ont l’idée de reprendre la production, et de fonder une SCOP, comme l’ont fait avant eux les Fralibs devenu SCOPti. De fait, en février 2016, Ecopla est placé en redressement judiciaire et liquidé en seulement trois semaines. Tous les salariés sont licenciés mais aucun d’entre eux ne veux abandonner le combat. Deux batailles commencent alors : la bataille judiciaire et la bataille de l’opinion. Des recours sont déposés devant le tribunal alors que la liquidation a décidé de la vente des machines, de l’outil de production, à une autre entreprise italienne. De l’autre côté, les Ecopla écument la région, ses marchés, à la recherche d’un soutien, qu’ils trouvent largement dans la population, mais beaucoup moins parmi des personnalités politiques : Hamon, Montebourg, Mélenchon ou Duflot, toutes ces personnalités soi-disant du côté des travailleurs ne répondent pas à l’appel des salariés en lutte, préférant sûrement continuer leurs petits jeux politiciens. Macron se fendra d’une petite visite à l’usine, faisant part de ses « regrets profonds ». Ses larmes de crocodiles n’émouvront pas les salariés, qui continuent la lutte.

Contre les tribunaux de commerce et les intérêts qu’ils défendent, la reprise de l’usine et de la production !

Cependant, les salariés perdent la bataille judiciaire, le tribunal expliquant que leur recours n’était pas viable. Encore une fois, la justice a montré quels intérêts elle comptait défendre jusqu’au bout : l’intérêt du patronat, l’intérêt des multinationales et des actionnaires, et ce au détriment de l’intérêt des travailleurs, des chômeurs et des précaires. Cette justice de classe ayant donc débouté les salariés, ceux-ci ne se sont pas découragés et ont voté hier en assemblée générale la reprise de leur usine : le 14 janvier, ils iront enlever les cadenas de l’usine et occuperont l’usine. Cette décision courageuse, est de fait la seule solution qui s’offre aujourd’hui pour défendre les emplois, contre les licenciements et la précarité : la reprise des moyens de productions par les salariés prend ici tout son sens. Cependant, on peut être sur que la justice qui a déjà mis au chômage les salariés ne laissera pas faire : comme à chaque fois dans ces cas de figure, on peut s’attendre à ce que des gendarmes, des policiers et autres milices du capital soient dépêchées pour empêcher cet acte de résistance. Il s’agira alors de défendre bec et ongles ce qui appartient avant tout aux travailleurs : leur usine, et, derrière, leur emploi. Par leur mobilisation résolue, par la coordination avec les équipes militantes du bassin, avec le soutien de l’ensemble des organisations ouvrières et populaires, syndicales et politiques, ils pourront réaliser leur projet de reprise à travers l’expropriation de l’usine, des murs et des machines.




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