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Renault

Les salariés de Choisy-le-Roi sont toujours mobilisés contre la fermeture de leur site

Ce lundi 29 juin, les salariés de l’usine Renault de Choisy-le-Roy étaient toujours mobilisés contre la fermeture de leur usine. Depuis un mois, l’usine Renault est menacée de fermeture par le plan de restructuration du groupe automobile. L’intersyndicale (FO, CFDT, CGT, CFE-CGC) a appelé à la grève ce lundi après une réunion du comité économique et social qui laisse les salariés dans le flou.

mardi 30 juin

Crédit photo : BERTRAND GUAY / AFP

Plusieurs projets ont été présentés, notamment un possible transfert d’une partie de l’activité vers le site de Flins à 60 km, mais aucune réponse concernant l’avenir des salariés du site de Choisy-le-Roi. Ainsi, dès lundi matin, les salariés étaient en grève et présents devant l’usine pour défendre le maintien du site, en activité dans le Val-de-Marne depuis 70 ans.

La détermination des salariés à ne pas voir leur usine fermer est forte. Le 2 juin, ils avaient entamé une grève reconductible et un blocage de leur usine. Cette première phase de grève avait été arrêtée le 8 juin dans l’attente de la réunion du CSE le 16 juin. Finalement, les salariés n’auront obtenu aucune réponse claire, ce qui explique le départ d’une nouvelle grève.

Avec la crise du coronavirus, le groupe Renault est déterminé à opérer une véritable saignée. Le 29 mai, il présentait un « plan de compétitivité » dans lequel 4600 des 15 000 emplois du groupe étaient menacés. Ce plan vise à faire l’économie de 2 milliards d’euros en 3 ans. Pour l’instant aucun site à part Choisy-le-Roi est menacé de fermeture complète.

Grand flou sur les comptes de Renault

La possible fermeture est décrite comme un non-sens. Le site est le seul en France à être spécialisé dans la rénovation et le reconditionnement des moteurs et boîtes de vitesse pour permettre un échange standard à moindre coût pour le consommateur comme pour l’environnement. L’entreprise ne semble pas manquer de projets. Les salariés de cette usine ont une formation spécifique que l’on ne retrouve pas sur les autres sites notamment celui de Flins et selon Jean-François Nanda, délégué central CFDT, l’activité est rentable.

Instrumentalisation de la crise sanitaire pour faire des économies

Mais ce serait 260 emplois qui seraient menacés. Yves Veyrier, secrétaire général FO, dénonce une mise à profit de la crise par Renault, pour faire des économies sur le dos des salariés : « Il y a à l’évidence un effet d’aubaine, des entreprises qui profitent de la situation actuelle pour faire passer des plans de restructuration, de suppression d’emploi, d’économie, dans le contexte ou en espérant que ce soit masqué par la situation d’ensemble de la crise sanitaire » en rappelant notamment que Renault a bénéficié d’une aide publique et que l’Etat devrait garantir un maintien de l’emploi à 100%. Une aide non négligeable puisque l’Etat a concédé 5 milliards d’euros de prêt au groupe automobile.

Les salariés vont devoir faire preuve d’endurance et de détermination face à une direction qui a déjà tenté d’exercer des pressions. Selon les propos de Filipé Capitao-Rebelo-da-Silva de la CGT, recueillis par l’AFP, la direction était venue insister sur le fait de ne pas commettre « de délit d’entrave tant que le dossier n’est pas passé devant le comité économique et social ».

Plus encore, si la bataille des travailleurs de Renault à Choisy doit être un prélude à une bataille de l’ensemble des ouvriers du groupe, il est clair que la situation actuelle chez Renault est elle aussi un prélude aux licenciements de masse et aux fermetures d’usines qui concernent l’ensemble de la branche automobile. C’est pourquoi il est vital d’exiger des confédérations syndicales de rompre avec toute forme de dialogue social et de mettre sur pied un plan de riposte massif sur le terrain de la lutte face aux licenciements et aux fermetures d’usines. Les travailleurs de Renault montrent la voie, et c’est sur ce chemin qu’il faut poursuivre pour imposer un rapport de force conséquent face aux attaques de Macron et du patronat.




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