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5 décembre

Les salariés de la RATP rêvent d’une grève comme celle de 1995

Le résultat de l'année 2019 sera nettement moins flamboyant que celui des années précédentes pour la RATP et pour cause, le grève illimitée qui démarre le 5 décembre s'annonce déjà très suivie.

mardi 19 novembre

Article initialement publié sur le blog Médiapart de Wael Mejrissi

Le résultat de l’année 2019 sera nettement moins flamboyant que celui des années précédentes pour la RATP et pour cause, la grève illimitée qui démarre le 5 décembre s’annonce déjà très suivie.

Les nostalgiques de 95 vont en avoir pour leur argent mais pas les abonnés aux transports et la direction, elle, va plutôt grincer des dents et prier pour que cette grève se termine au plus vite. Le spectre d’une grève dure et longue comparable à celle de 95 revient dans toutes les têtes et fait craindre un décembre noir et à terme de précieux points de PIB en moins alors que la fin d’année représente pour les commerçants une période cruciale censée rattraper le retard des périodes creuses. Il risque donc de n’y avoir ni rattrapage de chiffres d’affaires, ni croissance et peut-être en bout de course ni réforme des retraites.

Et comme si les sombres desseins du gouvernement ne suffisaient pas pour exacerber la colère des agents RATP, la direction s’est lancée dans une offensive jamais vue jusqu’alors contre les élus du personnel du Conseil Social et Économique 2 (CSE2). On voudrait renforcer un mouvement de grève qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Ces derniers ayant réalisé un contrôle de sécurité des bus au dépôt de Belliard qui s’est soldé par la constatation de 70% des bus non conformes. Le rapport établi par la Commission de Santé et Sécurité et Conditions au travail du CSE2 est accablant pour l’entreprise.

Derrière ces bus devenus pour bon nombre d’entre-eux des épaves ambulantes comme le dénoncent les syndicats de l’entreprise, il y a vraisemblablement le démantèlement minutieusement orchestré du service de maintenance des bus (MRB) qui pourrait être tout bonnement externalisé pour là encore compresser les coûts et donc rentrer à marche forcée dans l’ère d’une concurrence folle sans aucun garde-fou.

Mais cette impérieuse nécessité de réduction des coûts a ses limites...surtout lorsqu’il est question de la rémunération de la présidente Catherine Guillouard. La femme forte du groupe RATP a en effet bonifié son salaire de 50000 euros par an au moment même où la rationalisation des coûts devient le leitmotiv pour justifier des suppressions de postes en pagaille dans la maintenance (MRB) et ailleurs.

Un anachronisme qui résonne comme un affront fait aux salariés de l’entreprise et dont les retombées auront sans aucun doute l’effet d’une déflagration sociale dès le 5 décembre prochain.




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