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Orpéa doit payer !

« Les salariés en ont ras le bol de payer les abus du patron » : une trentaine de sites en grève chez Orpéa

Depuis quelques jours, un mouvement de grève traverse différents Ehpad Orpéa, et ce vendredi, un appel national a été suivi par une trentaine de sites partout en France. Un record dans l’histoire de l’entreprise qui met en exergue la maltraitance du groupe envers les employés et les résidents.

vendredi 3 juin

Une trentaine de sites, des centaines de grévistes, et une volonté d’élargir le mouvement, voilà ce qui était à l’ordre du jour ce vendredi. La colère gronde chez de nombreux travailleurs et travailleuses des Ehpads du groupe Orpéa. En effet la décision a été prise mi-mai de supprimer les primes d’intéressement, le seul avantage dont bénéficient les employés à défaut du 13e mois. Si cette prime s’élevait initialement à 750€, elle a été baissée à 350€ en 2021, et sa suppression a été annoncée le 17 mai dernier. Cette suppression déjà scandaleuse en elle-même l’est d’autant plus qu’elle est dû aux détournements d’argent opérés par la direction du groupe. En effet les cas de maltraitances et de détournements d’argent, révélés par Victor Castenet dans son livre Les Fossoyeurs, ont permis que le groupe soit condamné à rembourser l’argent des financements publics. Mais le groupe ne l’entend pas de cette oreille et pour ne rien perdre, il rogne sur les primes des 14 000 salarié.e.s déjà hyper-précarisé.e.s.

En réponse, des appels à la grève ont été lancés partout en France pour ce vendredi, et ont été entendus. Dès le début de la matinée, des piquets de grève ont été organisé sur l’ensemble du territoire par des dizaines de sites. De Aurillac (Cantal) à Lyon (Rhône) en passant par Péronnes (Somme) ou Saint-Quentin (Aisne), le Mans (Sarthe), Beauvais (Oise) ou encore Marseille (Bouches-du-Rhône), les mégaphones retentissent au son des slogans de dénonciation de la direction.

«  Les salariés en ont ras le bol de devoir payer pour les abus d’Orpea » affirme Dominique Chave, secrétaire général de la CGT santé privée à l’AFP. C’était la goutte de trop pour ces grévistes. Et pour cause, elle s’ajoute aux conditions de travail d’infirmières et d’aides-soignants payées au lance-pierre, malgré de nombreuses années dans l’entreprise et dans des conditions purement inhumaines et désastreuses. Benjamine Fontaine, salariée du groupe, en est un exemple comme le retrace le Monde : «  A temps plein et malgré trente ans d’ancienneté, elle perçoit à peine plus de 1 760 euros net.  »

Le patronat d’Orpéa, qui n’a cessé de réduire les effectifs et d’imposer des conditions de travail de plus en plus dégradées pour les employés, cherche maintenant à faire subir une double peine à ces travailleurs et travailleuses. La colère est si grande, que même le syndicat Arc-en Ciel, proche de la direction, a rejoint la grève. La détermination des grévistes donne le ton pour la suite, où pour gagner il faudra amplifier la grève, et tendre à coordonner l’ensemble des centres pour poursuivre sur une grève nationale et imposer un rapport de force à même de faire plier Orpéa !



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