^

Monde

Zanon : le fil rouge

Les travailleurs de Zanon ont la solution face à la crise : usines sous contrôle ouvrier !

L’épisode 3 de la série Zanon : le fil rouge, diffusé vendredi dernier sur Révolution Permanente, revient sur les révoltes en Argentine lors de la crise de 2001, et sur les travailleurs de Zanon, qui occupent leur usine pour relancer la production sans patron.

jeudi 23 avril

2001, un scénario qui ressemble à ceux qui se dessinent actuellement dans le monde entier

La crise économique actuelle, déclenchée par le coronavirus, trouve ses fondements dans l’instabilité de l’économie depuis 2008. La récession qui s’annonce déjà bien supérieure à celle de 2008, pourrait égaler l’ampleur du krach de 1929, ou la situation de crise vécue par l’Argentine en 2001.

En 1999, Fernando De la Rúa est élu président en Argentine. Après le refus du Fond Monétaire International (FMI) et du capital étranger de livrer les sommes attendues par le pays, celui tombe en faillite, ce qui provoque une évasion massive de capitaux. Une crise aigüe économique et sociale prend le pays et provoque une chute de 12% du PIB en deux ans et une augmentation du chômage à 30% de la population active. Ces chiffres ne sont pas très loin des chiffres qu’on peut trouver aujourd’hui dans certains pays.Aux États-Unis, par exemple, depuis le début de la crise du coronavirus, il y a eu 22 millions de chômeurs en plus. De plus, à l’échelle mondiale, dans les prochains mois, les faillites d’entreprises risquent d’augmenter de 25%, ce qui va de pair avec une augmentation inédite du nombre de licenciements.

En décembre 2001, en Argentine, face à cette situation, des révoltes ont émergé dans tout le pays. Il y a eu sept grèves générales sous le gouvernement de De la Rúa, un mouvement des chômeurs organisés, des blocages de routes, des pillages de supermarchés et de nombreuses mobilisations dans les rues suite au “corralito” qui a fait perdre les épargnes bancaires des classes moyennes. La période la plus aigüe de cette révolte se concentre autour des journées révolutionnaires du 19 et 20 décembre qui, avec le mot d’ordre “qu’ils se cassent tous” et la menace de poursuite des grèves générales, a fait tomber le gouvernement de De la Rúa (ce dernier a notamment dû fuir en hélicoptère le palais présidentiel) et des quatre présidents qui l’ont suivi.

Dans ce contexte, un mouvement d’occupations d’entreprises s’est développé, en total 120 usines ont été “récupérées” par les travailleurs dans tout le pays entre 2001 et 2002. Les principaux exemples sont les usines textiles de Brukman, récupérées par les ouvrières textiles de Buenos Aires, et l’usine céramique Zanon à Neuquén, aujourd’hui emblème international des gestions ouvrières qui porte le nom de FaSinPat (acronyme de “Fábrica Sin Patrones”, en français “Usine Sans Patrons”).

Les travailleurs de Zanon montrent la voie

Trois mois avant l’éclatement de décembre 2001, le patronat de Zanon déclare un lock out, arrête la production progressivement et déclare un licenciement de tout le personnel. Le syndicat céramiste combatif réagit en occupant l’usine. Le patronat essaye de briser la lutte avec la faim et ne verse pas les salaires pendant plusieurs mois, mais les travailleurs résistent grâce à l’énorme solidarité de la population. Pendant que la faim envahit le pays et que la colère contre le gouvernement grandit, la bureaucratie syndicale ne prend aucune mesure sérieuse et soutien les politiques du gouvernement. Face à cela, les travailleurs de Zanon s’organisent avec les travailleurs d’autres secteurs et avec les chômeurs et forment la Coordination Régionale du Alto Valle.

Les capitalistes veulent toujours que les travailleurs payent les crises qu’eux même ont engendrées. Crise économique est souvent synonyme de fermeture d’entreprises, de licenciements, de plans d’austérités, de coupures budgétaires et de toutes sortes d’attaques à l’encontre des travailleurs. Face à ces menaces, les travailleurs de Zanon, en 2001, ont décidé d’occuper leur usine et de relancer la production sous contrôle démocratique des travailleurs. Zanon devient la première usine récupérée de la période et, désormais, la production est mise au service de la population et des travailleurs et non pas au service des profits du patronat. Un exemple qui apporte de nombreuses leçons qui seront utiles pour les travailleurs du monde entier dans la prochaine période.

Si vous voulez connaître plus en détails l’histoire des travailleurs de Zanon et de leur gestion ouvrière, rendez-vous tous les vendredi soirs sur le Facebook de Révolution Permanente !

Vendredi prochain, diffusion d’un nouvel épisode de Zanon : le fil rouge, à 18h, sur le Facebook de Révolution Permanente.

Si vous n’avez pas encore vu les trois premiers épisodes, ils sont disponibles en ligne sur notre chaîne YouTube !

Pour revoir les épisodes de la série Zanon, le fil rouge :

Episode 1 :

Episode 2 :

Episode 3 :

Episode 4 :

Episode 5 :




Mots-clés

Contrôle ouvrier   /    Zanon   /    Argentine   /    Monde