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Manifestation des travailleurs sociaux

Les travailleurs sociaux du 92 en grève. Et le 5 décembre on continue !

Alors que la journée internationale de l'enfance a lieu tous les ans le 20 novembre, les services du Pôle Solidarités (ASE, PMI, EDAS) du département des Hauts De Seine ont réagi par la grève contre une réorganisation prévue par ce dernier. Ce 21 novembre, à la suite de l'appel à la grève du syndicat CGT, environ 300 travailleurs et travailleuses se sont réunis devant l'hôtel du département pour exiger d'être entendu par leur direction.

lundi 25 novembre 2019

Cette réorganisation vise à mutualiser les différents services afin de faire des économies drastiques alors même que les besoins sont de plus en plus importants en matière de personnel. De nouvelles fiches de postes sont mis en place et ont pour but de rendre le travail de ces agents polyvalents en supprimant de fait la spécificité des postes. Des formations sont annoncées mais bien après la réorganisation prévue dès janvier 2020. Par exemple une Puéricultrice de PMI devra accompagner un adolescent placé ou un référent ASE devra garantir les aspects budgétaires et financier des familles, ce qui n’est actuellement pas de leurs compétences. En outre, cette réorganisation va réévaluer la quantité de personnes suivies à la charge de chaque fonctionnaire. Déjà certains agents sont passés de 28 à 50 accompagnements. Ces décisions ont été prise sans concertation préalable avec les agents du service public. 

La direction fait des économies sur le dos des travailleurs et des familles alors même que ce département est excédentaire de 550 Millions d’euros. Beaucoup de régions et de départements commencent à créer des regroupements de différents services en lien avec les réformes de l’organisation des services publics. Ce département est le premier à mutualiser ainsi les emplois. Les travailleurs sociaux de l’ASE, de la PMI et de l’EDAS vont donc se retrouver à gérer de multiples problématiques alors même qu’ils n’y sont pas formés et qu’ils n’en ont pas fait le choix. 

A terme, c’est un plan social déguisé pour les services publics qui sera mis en place début janvier. Suite à la mobilisation du 21 novembre et de l’AG, la direction a bien reçu les agents mais elle les a méprisés et les a accusés de mentir sur la réalité de leur travail. Les agents ont relevé lors de la réunion que leurs opinions n’étaient pas pris en compte. D’ailleurs, la nouvelle réforme de la fonction publique supprimera totalement les avis consultatifs. Les juges pour enfants et le maire de Nanterre sont également en colère contre le département qui a décidé unilateralement ces changements sans avoir concerté au préalable les professionnels et les partenaires.
 
Irène, éducatrice spécialisée à l’ASE témoigne auprès de Révolution Permanente : « Le public va être reçu par des professionnels qui ne sont pas formés, ne connaissent pas la protection de l’enfance et les autres problématiques ».

Le budget est excédentaire. C’est une réorganisation sans concertation des professionels. Le département du 92 veut être novateur au détriment du public et des professionnels. Les enfants ne sont plus suffisamment protégés. De plus, les partenaires extérieurs (Psychologues, Foyers…) ne sont payés que très tardivement par le département, en raison d’un manque de personnel, ce qui engendre des fins de prises en charge.
 
Certaines PMI (Protection Maternelle et Infantile) vont disparaître. Les effectifs ont été divisés par moitié en deux ans. La maltraitance institutionnelle dû au management le plus violent d’Ile-De-France fait fuir les professionnels du pôle solidarités.
 
Les agents ne l’entendent pas comme ça. Pour eux, cette réorganisation détruit leurs emplois, que ce soit en quantité (réduction du nombre de cadre qui est passé de 6 à 1) ou en qualité (spécificité de chaque corps de métier). Ce type d’économie s’est généralisée, on peut le voir aussi dans l’éducation, dans les hôpitaux, à la SNCF etc. 

Il y a de l’argent pour la répression mais il y en a pas pour les services sociaux, l’éducation ou encore la santé. Ce gouvernement dilapide tout nos acquis sociaux alors même que la pauvreté avance en France et que les populations bénéficiant de ses accompagnements augmentent. Depuis quelques mois, suite à la réorganisation prévue, beaucoup de professionnels quittent le département face à cette crise. Nous notons également de nombreux arrêts maladies. Les effectifs se reduisent car ce qui est proposé aux agents est inconcevable pour beaucoup d’entre eux. 

Les agents ont déjà appelé à aller dans les rues le 5 décembre contre les réformes de la fonction publique et contre la réforme des retraites. 
Ils exigent par ailleurs l’ouverture d’une négociation avec les agents, le maintien des spécificités des différents métiers contre le désengagement du département qui veut faire des économies envers et contre tous. Bien que le gouvernement et ses différents serviteurs libéralisent toujours plus et détruisent les services publics, les travailleurs restent mobilisés et sont prêt à aller manifester le 5 décembre pour se faire entendre.

Ce qui motive le département du 92 : dépenser moins d argent ! Et sur le dos des plus démunis...Le social et ses travailleurs ! Lamentable ! (Irène)




Mots-clés

Mobilisation   /    Services publics   /    Grève   /    Précarité