^

Du Pain et des Roses

Violences homophobes

Lettonie : Un jeune gay brûlé vif après une agression homophobe succombe à ses blessures

La dernière semaine d'Avril, Normunds Kindzuli, un jeune infirmier letton a succombé aux brûlures infligés qui aurait été causé par une agression homophobe selon les associations de défense des LGBT+.

mardi 4 mai

C’est son ami qui l’a trouvé devant son immeuble de Tukums, ville à l’ouest de la capitale lettone, avec ses vêtements aspergés d’un liquide inflammable, faisant de lui une véritable torche humaine. Après avoir tenté d’éteindre les flammes en transportant son ami dans sa baignoire, se blessant dans le cours des événements, le jeune homme a pu voir que les vêtements de Normunds Kindzulis s’étaient incrusté dans sa peau carbonisée. La victime, brûlée à 85%, a été transportée dans un hôpital de Riga où elle a succombé à ses blessures quelques jours plus tard.

Selon les témoignages parus dans la presse, son agression n’est pas un éclair dans un ciel serein. Le jeune infirmier avait reçu des plusieurs menaces de mort en raison de son homosexualité déclarée et sa défense des droits LGBTI+, ce qui l’avait poussé à déménager de Riga pour se rendre dans une plus petite ville du pays, Tukums. Les violences homophobes ne l’ont pour autant pas quitté. Dans ce que les journalistes qualifient de « village tranquille », Kindzulis a subit plusieurs agressions physiques.

Son compagnon avait déjà averti les autorités locales des menaces et des injures dont ils étaient les cibles dans leur immeuble de cinq étages. Cependant, comme le dit Janeks Bach, commissaire du district au journal local de Tukums « « Auparavant, une fois en novembre 2020, la victime avait signalé les menaces à la police. Suite à l’examen de ces informations, il a été décidé de refuser d’engager une procédure pénale et aucun recours n’a été fait contre cette décision. » Ces déclarations montrent le peu de sérieux accordé par la police et les institutions lettones aux victimes d’actes homophobes.

L’atrocité de cette mort a été dénoncé par le compagnon du jeune homme ainsi que par les associations LGBT comme la European Pride Organisers Asssociation (EPOA) pour qui il s’agirait d’une agression homophobe. La police de Tukums ne retenait que la possibilité du suicide ce qui a été fortement démenti par l’entourage de la victime. Sous la pression d’une polémique nationale, la police a été poussée à ouvrir une enquête pour homicide volontaire à caractère homophobe.

Une homophobie d’État inscrite dans la Constitution

Après plusieurs jours, l’écho de sa mort résonne sur les réseaux sociaux internationaux où de jeunes LGBTI+ expriment leur profond chagrin et leur colère face à la violence crasse d’une homophobie décomplexée à travers le hashtag #NormundsKindzulis.

Même le président letton, Egils Levits, a déclaré sur twitter qu’il « n’y avait pas de place pour la haine en Lettonie » et que « la valeur de la société lettone est la tolérance, et une telle expression de haine est en même temps un crime contre la société ». La déclaration, qui ne reconnaît pas le caractère homophobe du meurtre, fait aussi l’impasse sur la situation des droits LGBTI+ dans le pays où pas plus tard qu’en janvier dernier, la parlement letton a fait entrer dans sa constitution une mesure LGBTI-phobe.

En effet, le 14 janvier dernier, le parlement letton a voté à une grande majorité (47-25) pour un amendement dans la constitution rappelant clairement que la famille était composé d’un mariage entre un homme et une femme alors qu’une législation avait été voté quelques mois auparavant par le conseil constitutionnel assurant « protection et aide » à tout couple indépendamment de leurs orientations sexuelles. L’extrême droite lettone a mené une offensive contre cette avancée pour le mouvement LGBTI+ en faisant ainsi de l’hétérosexualité une injonction inscrite au plus haut niveau de la loi.

La mort de Normund Kindzuli s’ancre dans une vague homophobe à l’échelle nationale et internationale, qui s’incarne dans la multiplication de la systématisation et de la légitimation par els États des violences homophobes comme nous le montre les gouvernements de Orban en Hongrie ou encore celui de Kadyrov en Tchetchenie. Plus largement, le contexte de la crise sanitaire capitaliste entraine une précarisation des LGBTI+ en les rendant beaucoup plus vulnérables aux violences encouragées par l’extrême droite dont le fond de commerce sur la haine des minorités sexuelles, racisées et religieuses.




Mots-clés

Lettonie   /    LGBTphobie   /    LGBT   /    homophobie   /    LGBTQI   /    Du Pain et des Roses