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Politique

Billet d'humeur

Lettre ouverte à Henri Guaino qui dit ne « rien pouvoir mettre de côté » avec son salaire de 5100 €

jeudi 5 janvier 2017

Cher Monsieur Guaino

Jeudi matin, sur LCI vous avez pris la parole et avez témoigné au grand public de votre situation de terrible précarité. Vous nous avez expliqué qu’avec votre salaire de député de 5100 € nets d’impôts vous n’arriviez à « rien mettre de côté ».
Alors je vous adresse cette lettre pour vous expliquer ce qu’est une situation où l’on ne peut rien mettre de côté.
Quand on est dans ma situation, c’est à dire celle d’un jeune travailleur essayant de suivre des études, qu’on touche aux petits jobs précaires les uns après les autres, qu’on angoisse de ses relevés de compte et qu’on a pas mangé de la vraie viande ou du vrai poisson depuis des mois ; là on peut parler de ne pouvoir rien mettre de côté.
Quand on a été serveur, coursier, hôte d’accueil, concierge remplaçant, et qu’on galère encore, quand on doit jongler quotidiennement entre se nourrir et étudier ; là on a le droit de dire qu’on n’arrive à rien mettre de côté.

Mais vous, monsieur Guaino, vous touchez 4,42 fois un SMIC de plein temps, sans compter les multiples privilèges dus à votre statut d’élu notable. Vous monsieur Guaino vous n’avez pas le droit de vous plaindre. Vous êtes un salaud de plus dans le monde politicien, vous êtes cet insignifiant personnage qu’on rangera volontiers dans la case des « pourris ».

Sachez juste qu’un jour nous viendrons en nombre vous déloger de votre nuage doré, du haut duquel vous vous permettez de nous cracher ce genre de phrase qui méprise les smicards, les précaires, les chômeurs, et tous ceux qui n’en peuvent plus de n’arriver jamais à joindre les deux bouts.
Et nous ferons enfin lever un soleil d’espoir sur le paysage de la fin de votre monde.




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Précarité   /    Politique