^

Monde

Inflation

Liban. Avec un prix du bidon d’essence supérieur au salaire minimum, la colère gronde

Au Liban, le bidon d'essence à 98 octane coûte désormais 700 000 livres libanaises, alors que le salaire minimum n'est que de 650 000 LL. Une situation qui inquiète particulièrement l'armée et les classes dominantes du pays.

jeudi 16 juin

Depuis maintenant trois jours, les prix des carburants au Liban ont connu une majoration colossale qui ne cesse de croître amenant même le bidon d’essence à 98 octanes à plus de 700.000 Livres Libanaises. Un chiffre supérieur au salaire minimum au Liban qui s’élève actuellement à 675 000 LL, soit près de 420 €. Dans les causes de l’inflation : la guerre en Ukraine et surtout la hausse du taux de change livre/dollar notamment dû aux effets de la dette externe. Une situation qui fait craindre à la classe dominante de nouvelles explosions sociales.

Dans un contexte de crise économique qui dure depuis plusieurs années, le ministère de l’Énergie libanais a publié un nouveau barème révélant une augmentation écrasante des prix faisant bondir de 13000 LL. la bonbonne de gaz, de 27000 LL. les 20 litres de mazout et surtout dépasser la barre des 700000 LL. ce mercredi pour 20 litres d’essence à 98 octanes.

Cette hausse spectaculaire est bien sûre une des conséquences de la guerre en Ukraine ayant entraîné une augmentation générale des prix des matières premières dans le monde comme le pétrole – sur le cours duquel sont calculés les tarifs des carburants – mais aussi celle de la baisse de parité de la livre libanaise face au dollar sur les marchés parallèles. En effet la dépréciation de la monnaie locale se perpétuant de manière incontrôlable accentue la précarisation de la population dont près d’un tiers est au chômage et plus des trois quarts vit sous le seuil de pauvreté.

De plus cette situation critique fait craindre à la classe dominante libanaise de nouvelles explosions sociales à l’image de 2019 comme en témoigne la déclaration du général Abbas Ibrahim lors de son voyage aux États-Unis le mois dernier, dans laquelle il a évoqué ses inquiétudes face à « l’implosion de la situation sociale au Liban en raison de la situation économique ».

Ce n’est néanmoins pas la première fois que l’armée exprime ses inquiétudes quant à de possibles nouvelles explosions sociales depuis les mobilisations historiques de 2019. En effet le chef de l’armée libanaise, au mois de mars de l’année dernière avait mis en garde la classe politique face à une situation explosive dans un contexte assez similaire à celui que traverse actuellement le pays.

Le gouvernement français avait alors volé au secours de l’armée libanaise en organisant une réunion internationale pour rassembler une aide d’urgence en faveur de cette dernière.

Cet évènement démontrait une nouvelle fois l’intervention impérialiste de la France, gage de sa volonté de conserver ses intérêts géopolitiques et économiques au Liban.

Dans un contexte similaire à celui-ci avec l’explosion du coût de la vie, du taux de chômage et du nombre de personnes passant sous le seuil de pauvreté, il est nécessaire de revendiquer le non-paiement et l’annulation de la dette libanaise - qui est utilisée par la France pour soumettre le Liban- ainsi que l’expropriation des industries et des banques et leurs mises sous contrôle des travailleurs pour assurer une sortie pérenne de la crise.



Mots-clés

Guerre en Ukraine   /    salaires   /    Inflation   /    Prix de l’énergie   /    Liban   /    Monde