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Ce jeudi, la cour d’appel de Paris a tranché en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Plus vieux prisonnier politique d’Europe, libérable depuis 1999. Une décision de justice qui n’aurait pas été possible sans la mobilisation continue de ses soutiens et sans le mouvement pro-palestinien des derniers mois.
Naturellement, cette décision historique, victoire pour le mouvement de solidarité avec la Palestine, a suscité la colère des soutiens d’Israël. Tandis que l’État français réprime brutalement les soutiens du peuple palestinien, la libération de celui qui est sûrement le prisonnier politique pro-palestinien en Europe le plus connu a logiquement enragé l’ensemble des partisans de cette répression.
Le président du RN et probable candidat du parti pour 2027 Jordan Bardella a ainsi affirmé que les « bruyantes réjouissances » exprimées par la gauche lui procurent la « nausée ».
Le motif des bruyantes réjouissances aujourd'hui au sein de l'extrême gauche ? La libération imminente d'un terroriste, qui n'a jamais exprimé le moindre regret. Nausée. https://t.co/WtYJP1ptmK
— Jordan Bardella (@J_Bardella) July 17, 2025
De son côté, le chroniqueur zemmouriste Jean Messiah, a comparé Georges Abdallah à Salah Abdeslam, auteur du massacre du Bataclan. Une rhétorique profondément raciste qui vise à mettre sur le même plan un militant communiste incarcéré à l’issue d’un procès truqué en raison de sa lutte pour la libération de la Palestine avec un extrémiste religieux ayant massacré des centaines de personnes.
LFI a donc obtenu de ses magistrats laquais la libération de l’ordure terroriste Georges Ibrahim Abdallah.
LFI serait à présent à pied d’œuvre pour faire libérer l’ordure islamiste Salah Abdeslam considéré par les LFistes comme prisonnier politique lui aussi. pic.twitter.com/F1S2LbvUQV
— Jean MESSIHA (@JeanMessiha) July 17, 2025
Une rhétorique proche de celle employée par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau lui-même, qui a parlé sur X du « terroriste Ibrahim Abdallah ». Comme l’ont fait remarquer de nombreuses personnes sous son tweet, le fait que Retailleau n’ait pas mentionné le prénom chrétien du militant, Georges, vise à surfer sur le racisme anti-arabe et sur l’islamophobie
Les élus LFI qui se réjouissent de la libération du terroriste Ibrahim Abdallah passent un nouveau cap dans l’indignité.
En le faisant passer pour un prisonnier politique, ils méprisent les victimes et leurs familles et continuent de se complaire dans une incroyable inversion…
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) July 17, 2025
Ce vendredi matin, c’était à la ministre de l’Égalité Aurore Bergé de prendre le relais sur le plateau de la grande interview d’Europe 1 – Cnews, qualifiant d’« insupportable » la joie des militants propalestiniens face à la libération prochaine de Georges Abdallah. Enfin, certains soutiens d’Israël ont été encore plus loin dans l’ignominie, à l’image du propagandiste pro-Tsahal Julien Bahloul, qui a exprimé de façon à peine voilée son espoir qu’Israël assassine Georges Abdallah.
Tranquillement, à deux reprises, @julienbahloul menace de mort Georges Ibrahim Abdallah.
Un élu pour faire un article 40 du Code de procédure pénale ?
(222-17 du Code pénal : menace de mort matérialisée par un écrit, une image ou tout autre objet.) pic.twitter.com/iNs1uuCXyY
— Ilan Gabet (@Ilangabet) July 18, 2025
Tout en réprimant à tour de bras dans les universités, sur les lieux de travail et dans les rues le mouvement de soutien pour la libération de la Palestine, le gouvernement de Macron, main dans la main avec l’extrême droite, veut absolument enterrer le scandale d’Etat que représente les 41 ans d’emprisonnement de Georges Abdallah et attiser la criminalisation des soutiens de la Palestine. Mais leur colère est aujourd’hui impuissante : Retailleau, Bergé, Bardella et tous les autres ont beau gesticuler, Abdallah rentrera à Beyrouth le 25 juillet prochain, et c’est une grande victoire contre eux et leurs amis !


