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Libye. Une situation explosive au goût de pétrole

Cette semaine, la situation en Libye s’est intensifié, deux grands camps s’opposent, avec chacun ses alliés respectifs. Le situation est loin d’être nouvelle, depuis le départ de Kadhafi, aucun régime n’a réellement tenu la route, les intérêts impérialistes primant sur ceux de la population.

samedi 6 avril

La situation en Libye prend une tournure explosive. Ce mercredi le maréchal Haftar Khalifa avait ordonné à ses armées d’avancer sur Tripoli au travers d’un message ou il promettait d’épargner les civils, les « institutions de l’État » et les ressortissants étrangers. Jeudi des troupes de l’Armée nationale libyenne, se sont positionnées aux portes de Tripoli. Dans la nuit de jeudi à samedi, elles ont été chassées par des milices anti-Haftar de la ville de Zawiya. Selon des médias libyen des affrontements se poursuivent au Sud de la ville.

Cette offensive, pour l’instant limitée, coïncide avec la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Tripoli. Le 14 avril doit avoir lieu une conférence nationale de conciliation entre les deux partis. L’offensive du maréchal Haftar pourrait lui permettre de valoriser sa position au niveau des négociations si elles se tiennent, cette démonstration militaire comme un synonyme de sa puissance.

Ces événements ont lieux dans le chaos politique né de la chute du colonel Kadhafi, en 2011. En 2014 débute la seconde guerre civile libyenne, le Congrès Général National (assemblée chargée d’organiser le post-kadhafi et de doter le pays d’une nouvelle constitution) organise de nouvelles élections afin de former une Chambre des représentants. Des membres non réélus décident de maintenir leur autorité sur Tripoli, la nouvelle assemblée élue avec un faible taux d’abstention s’installe donc à Tobrouk, à l’Est du pays.

Depuis les forces de l’Est, mené par le maréchal Haftar Khalifa dirigeant de l’Armée nationale libyenne ont conquis une grande part du territoire libyen, les principaux terminaux gaziers et pétrolier, et ont vaincu la coalition djihadiste basé à Benghazi. Mais le gouvernement d’Union Nationale dirigé par Fayez Al Sarraj à Tripoli peut tout de même compter sur les milices armées de la région pour se protéger.

Ce conflit mobilise des soutiens internationaux. Depuis la révolution l’ONU multiplie les tentatives d’apaisement sans succès. Les deux assemblées ont toutes deux leurs alliés respectifs. Le gouvernement de Tobrouk est soutenue par le Caire, mais aussi les Émirats arabes Unis, la Russie et l’Arabie saoudite, le général Haftar s’était d’ailleurs entretenue avec le roi Salmane fin mars. Le Gouvernement de Tripoli quant à lui est reconnue par l’ONU soutenue par le Qatar, la Turquie et l’Europe avec qui il collabore notamment sur les questions migratoires.

La France déjà impliqué au Sahel au travers de l’opération « Barkhane », soutien officiellement le Gouvernement d’union nationale de Fayez Al Sarrak. Mais dans cette crise libyenne au goût de pétrole, l’État français ‘offre’ son aide militaire aux deux partis au nom de la lutte contre le terrorisme. Il doit néanmoins faire face aux volontés Égyptiennes et Émiratis d’une part contre Turcs et Qataris de l’autre, qui se livrent une guerre par procuration. La multitude de centres de pouvoir en Libye empêche les États étrangers d’exercer une influence suffisante pour contrôler le territoire. Au nom de la stabilité, surtout celle de leurs intérêts, les différents pays impliqués tentent d’intervenir dans cette situation explosive.




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