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Local LREM Perpignan : Castaner dénonce un « attentat »

En visite à Perpignan, Castaner a comparé la dégradation d'un local LREM à un "attentat". Des propos indécents au lendemain de la découverte du corps de Steve, qui tiennent de l'outrance autant que de la volonté de criminaliser les manifestants.

jeudi 1er août

En visite à Perpignan, jolie ville des Pyrénées Orientales, pour constater les dégradations du local LREM, Castaner a fait de la pédagogie auprès des médias : cette dégradation, dit-il, est un attentat puisque "Le principe de l’attentat, c’est de préparer l’acte et là nous sommes face à des gens qui avaient acheté des bidons d’essence, qui étaient équipés et qui ont tenté d’attenter à la vie d’un parlementaire présent dans la permanence. Donc oui, pour moi, c’est un acte criminel, comme on en a connu d’autres, ailleurs, et il mérite qu’on mobilise tous les moyens de recherches contre ceux qui ont fait ça"

Que ça ne gêne pas aux entournures le ministre de la police de comparer le local LREM dégradé au Bataclan et à la série des attentats récents en France démontre que ce gouvernement décidément hors-sol cherche désormais sa destination sur une autre planète. Mardi, des députés de la majorité s’étaient déjà plaints que les gens ne les aiment pas et crèvent leurs pneus, dégradent leurs locaux, en pointant du doigt le danger que font peser ces actes sur la démocratie.

Comme si on pouvait une minute prendre LREM et le gouvernement Macron pour des gardiens de la démocratie : on aurait déjà du mal à leur confier un chat pendant les vacances, alors la démocratie pendant 5 ans, c’est dur. Et quand Castaner en rajoute une couche, ça finit par épaissir un peu le plat déjà très indigeste.

Parce que Castaner nous rejoue Le bon, la brute et le truand depuis qu’il est au gouvernement - même si on cherche encore qui fait le bon : c’est l’homme qui a couvert toutes les violences policières contre les Gilets Jaunes, celui qui protège systématiquement la police quand lui prend l’envie d’assassiner dans les quartiers, à Nantes, à Marseille. Celui qui fait paraitre de fausses informations catastrophiques sur la Salpêtrière, ou qui laisse dire les racistes après la victoire de l’Algérie à la CAN. C’est ce mec-là, Castaner, qui parle d’attentat quand une boutique LREM est taggée et saccagée, suite à la signature du CETA avec le Canada.

Evidemment, s’il joue un rôle pour protéger la police c’est avant tout parce que Castaner, c’est aussi le bras armé de ce gouvernement qui use et abuse de la force, qui recourt à tous les moyens juridiques pour réprimer, qui fait un usage quotidien et mortel de la violence policière. Parler d’attentat, c’est sombrer dans le pathétique après avoir bien nagé dans le grotesque : le langage décroche, les mots ne veulent plus rien dire et à vrai dire, c’est pas grave, dans la mesure où personne n’y croit plus.

Pourtant, en filigrane, c’est bien l’idée que les manifestants doivent être traités comme des terroristes que l’on retrouve. Parfaitement en phase avec l’intense répression qui s’abat déjà sur ceux qui se soulèvent, l’abus de langage aurait tout pour faire sourire s’il n’était pas le reflet du durcissement répressif à l’œuvre et que Castaner continue d’appeler à approfondir. Au lendemain de la découverte du corps de Steve Maia Caniço, mort à la suite d’une charge policière à Nantes, le propos de Castaner a au moins l’intérêt de souligner que le gouvernement n’entend pas infléchir cet aspect de sa politique.

Crédit photo : AFP.




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