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Logistique, transports, nettoyage... : RP donne la parole aux ouvriers sur la réforme des retraites

Après les annonces de Elisabeth Borne, des travailleurs du nettoyage, de la logistique, de la pétrochimie, des transports ou de l’automobile étaient réunis pour un live spécial animé par Anasse Kazib sur Révolution Permanente. L’occasion de décortiquer l’ampleur de l’attaque contre le monde du travail et de discuter du plan de bataille à construire pour faire reculer le gouvernement.

mercredi 11 janvier

Ce mardi soir, en réaction aux annonces d’Elisabeth Borne, Révolution Permanente diffusait une émission en direct : « Live ouvrier : la bataille des retraites a commencé ». Anasse Kazib, porte-parole de Révolution Permanente, et des travailleurs den ombreux secteurs sont revenus sur les enjeux de la réforme des retraites présentée par le gouvernement pour le monde du travail et l’urgence de construire un plan de bataille pour y faire face.

« Le gouvernement a décidé de nous faire travailler plus … pour travailler plus »

La soirée s’ouvre par une introduction de Anasse Kazib. « On va décrypter les annonces du gouvernement et d’Elisabeth Borne sur la réforme des retraites. On va discuter des conséquences de ce projet mortifère pour le monde du travail avec ceux qu’il concerne directement, des travailleurs et des travailleuses, et de la riposte à lui opposer et à construire dès le 19 janvier prochain ».

Arthur Nicola, membre du comité de rédaction de Révolution Permanente, lance le bal des prises de parole. « Le projet annoncé par Elisabeth Borne n’est pas une surprise. Comme on le pressentait depuis plusieurs jours, le gouvernement a décidé de s’aligner sur les revendications de LR. Il faudra donc travailler jusqu’à 64 ans, après 43 années de cotisation. Tout le reste, et notamment les prétendues mesures sociales de la réforme, que ce soit sur le minimum vieillesse, le dispositif carrières longues, ou encore la pénibilité, ce n’est que de l’enfumage. En résumé le gouvernement a décidé de nous faire travailler plus, non pas pour gagner plus, mais pour travailler plus ».

Lire aussi : Décryptage de la réforme des retraites : tout comprendre au projet annoncé par le gouvernement

« La réforme des retraites, c’est une tentative d’assassinat contre la classe ouvrière »

Si le gouvernement a choisi de présenter mardi soir sa réforme comme un quasi-progrès, le projet de fond n’a pas bougé d’un cil : il s’agit de promettre le « sang et les larmes » pour les travailleuses et les travailleurs. Fernande Bagou, travailleuse du nettoyage à Onet une filiale de la SNCF, s’émeut : « Ces annonces me bouleversent. Dans le nettoyage, nous n’arriverons jamais à travailler jusqu’à 64 ans. J’ai 62 ans, je suis déjà à bout de souffle. Tous les matins je me lève à 4 heures du matin et pour 1400 euros par mois. Avec cette réforme je devrais travailler jusqu’à 67 ans. Voilà la réalité, ceux qui travaillent dans les métiers pénibles, on les condamne. ».

Le son de cloche est identique du côté de Hassan, travailleur dans la logistique à Géodis. « Chez nous une bonne partie des travailleurs, à 55 ans ils sont foutus, ils ont le corps broyé ou sont handicapés. Et les patrons lorsque nous sommes moins productifs, ils nous licencient. Avec la réforme des retraites, on va être encore plus au chômage et à ne pas pouvoir toucher de retraite. ». Vincent Duse, retraité et ancien travailleur dans l’automobile, résume l’état d’esprit général : « La réforme des retraites, c’est une tentative d’assassinat contre la classe ouvrière. Moi j’ai 58 ans, j’ai arrêté de travailler à 57 ans dans le cadre d’un plan sénior, parce que j’avais le corps tellement détruit qu’ils ne pouvaient plus m’exploiter. Si la réforme des retraites passe, on ne partira pas à la retraite à 64 ans, mais entre quatre planches ».

« Tous en grève le 19 pour poser l’urgence d’un plan de bataille ! »

Face à la réforme des retraites, l’urgence va être de préparer la riposte. « Les directions syndicales. Après quatre mois de dialogue social au chaud dans les salons de Matignon, il était plus que temps. Alors le 19, il faut qu’on soit tous et toutes en grève, mais qu’on ne satisfasse pas d’une journée de mobilisation. Chez les raffineurs on sait très bien, que la force de frappe des travailleurs c’est la grève reconductible. Dans notre secteur, il va falloir qu’on s’organise par en bas pour se coordonner entre nous et poser cette perspective en direction de l’ensemble du monde du travail » intervient Adrien Cornet, raffineur chez Total.

Laura Varlet et Yacine Jioua, cheminote à la SNCF et travailleur à la RATP, rappellent de leur côté le rôle central joué par le mouvement de grève historique dans les transports à l’hiver 2019 contre la réforme à point. « En 2019, à partir du 5 décembre on avait donné le ton. C’est la grève reconductible et notamment à la RATP qui a permis de faire reculer Macron sur sa première réforme des retraites pendant son premier quinquennat. Pour le second, il faudra que le 19 janvier prochain soit à nouveau l’occasion de rappeler qu’il va falloir s’organiser pour construire un mouvement dur et faire reculer le gouvernement ».

En conclusion, Anasse Kazib pose l’urgence d’un plan de bataille. « Le fait marquant, c’est que le gouvernement a réussi à unir tous les syndicats contre lui, ce qui ne s’était pas réalisé depuis 2010. Maintenant qu’il y a une date, il faut qu’on s’en saisisse. L’inflation continue de grimper, les ristournes sur les prix du gaz et de l’électricité ont pris fin, il y a beaucoup d’éléments qui s’additionnent pour un grand mouvement d’ensemble. Une journée de mobilisation ne suffira pas. Il faut qu’on se coordonne pour qu’un plan de bataille émerge de la base afin de faire plier le gouvernement. » 



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