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Politique

Offensive xénophobe

Loi immigration. Darmanin précise le contenu de l’offensive xénophobe du gouvernement

Au cours d’une audition devant la commission des lois à l’Assemblée Nationale, Darmanin a détaillé le contenu de la loi immigration prévue pour 2023. S’il a adopté dans le discours la ligne du « en même temps » défendue par Macron la semaine dernière, le contenu qu’il a détaillé annonce une offensive xénophobe d’ampleur du gouvernement.

mercredi 21 septembre

photo : Ludovic MARIN AFP

Ce mardi 20 septembre, Darmanin était auditionné devant les députés de la commission des lois au sujet de la Loi Immigration, prévue pour un examen début 2023. Après Macron qui en avait brossé les contours devant un parterre de préfets réunis à l’Elysée la semaine dernière, c’est donc au tour de Darmanin de préciser la prochaine attaque xénophobe du gouvernement. Alors que ce dernier avait passé l’été à ordonner des expulsions et à entretenir une surenchère xénophobe et islamophobe, le ministre de l’intérieur est venu affirmer le véritable visage de la nouvelle offensive du gouvernement qu’Emmanuel Macron avait tenté de maquiller la semaine dernière.

Comme Macron, qui prétendait la semaine dernière préserver les « droits fondamentaux de toute personne, Darmanin s’est drapé d’une soit disante « recherche de l’équilibre » dans son projet de loi en avançant notamment la possibilité pour les travailleurs étrangers de demander eux-mêmes leur régularisation sans avoir besoin du soutien de leur employeur, justifiant « [qu’] Il y a plein de gens qui méritent sans doute des régularisations et qui ne les ont pas aujourd’hui ». Il a également rejoint l’argumentaire déployé par le président sur les promesses « d’intégration » d’une partie des travailleurs étrangers : « Nous avons à améliorer (...) l’intégration des personnes qui travaillent sur le sol de la République et qui sont soumises à une absurdité administrative de la part du fonctionnement administratif du ministère de l’Intérieur ».

Une inflexion du ton en comparaison avec ses discours plutôt dans l’année, mais qui ne sont que d’apparence. La ligne de Darmanin reste claire : multiplier les expulsions et accroitre toujours plus la répression des sans-papiers. La rhétorique de « l’intégration » d’une partie des travailleurs étrangers est là pour appuyer et justifier la généralisation de la « double peine » et la multiplication des expulsions : « Ma ligne, que je porte dans le texte immigration, c’est que nous soyons durs avec les personnes qui sont étrangers délinquants et que nous puissions régulariser et aider ceux qui veulent travailler et respectent les lois de la République » a ainsi déclaré Darmanin..

De même, la critique de « l’absurdité administrative » est invoquée comme prétexte pour accélérer et multiplier les procédures d’expulsions. Le gouvernement entend ainsi réformer les instances en charge de ces jugements afin de « réduire les délais » et « dire très rapidement non à des gens qu’on ne veut pas », comme l’a appuyé le premier ministre.-> https://www.leparisien.fr/societe/gerald-darmanin-propose-quun-refus-de-demande-dasile-vaille-mesure-dexpulsion-20-09-2022-KHCBN5RARFHXNO74E2YFXYL544.php] Darmanin entend par exemple généraliser les audiences vidéos dans les CRA et réduire les délais de la Cour d’Appel du Droit à l’Asile de 5 mois à 5 semaines.

Afin de maximiser les expulsions, le gouvernement a ainsi pour projet de les systématiser en cas de refus de demande d’asile : « On a proposé au Conseil d’État (…) que lorsqu’il y a un refus de demande d’asile, il y ait concomitamment une OQTF qui soit émise, ou en tout cas un refus de titre de séjour et une expulsion prononcée » a ainsi précisé Darmanin, comme le rapporte Le Parisien..

Le gouvernement souhaite également prolonger d’un an à trois ans la durée pendant laquelle une OQTF permet l’enfermement en CRA, et réduire en même temps le délai à partir duquel un sans papier peut être enfermé en CRA après la prononciation de son OQTF d’un mois actuellement à quinze jours.

Un véritable arsenal pour intensifier les politiques xénophobes du gouvernement, auquel vient s’ajouter une mesure de la Loi Séparatisme de 2021 qui avait finalement été retoqué par le Conseil Constitutionnel : le conditionnement des titres de séjour au respect des « principes » et « symboles » républicains. Une mesure profondément raciste fondée sur la mise en scène d’un ennemi intérieur étranger, que Darmanin avait affirmé vouloir réintroduire dans le projet de Loi Immigration cet été et qui est présente dans la dernière version du texte selon Le Monde.

Si Darmanin rejoint le président dans ses pirouettes rhétoriques et dans la volonté de bâtir un « en même temps » sur la Loi Immigration, l’attaque réactionnaire et xénophobe se révèle être d’une brutalité hors normes. Alors que parallèlement le gouvernement durci la main de son agenda de contre-réforme social, l’intégralité des organisations de gauche, du mouvement ouvriers et social doivent se mettre en ordre de bataille pour répondre à ce saut xénophobe et sécuritaire.



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