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Monde

Répression impérialiste

Londres valide l’extradition de Julian Assange, réprimé pour ses révélations sur l’impérialisme américain

Vendredi dernier, la ministre de l’intérieur britannique a signé l'ordre d'extradition de Julian Assange. Le fondateur de WikiLeaks est poursuivi depuis plusieurs années par les Etats-Unis pour ses activités de lanceur d'alerte, et menacé d'une peine de 175 ans de prison malgré un état de santé dégradé.

lundi 20 juin

Crédits photo : JUSTIN TALLIS / AFP

En mai 2019, les USA officialisaient l’acte d’inculpation pour espionnage du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, qui avait publié en 2010 un document qui détaillait les exactions de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Depuis, l’acharnement judiciaire à son encontre ne cesse de grandir, avec un nouvel ordre d’extradition du journaliste de Londres aux Etats-Unis signé par Priti Patel, secrétaire d’État à l’intérieur, ce vendredi, où il sera jugé pour avoir dénoncer l’impérialisme américain.

Détenu depuis 3 ans à la prison de Haute Sécurité de Belmarsh en Angleterre, un retour sur le sol américain s’accompagnerait d’une peine de 175 ans de prison et une aggravation de la torture physique et psychologique qu’il subit déjà depuis 10 ans. Lors d’une conférence de presse, son épouse s’est inquiétée : « Si mon mari est extradé vers les Etats-Unis, les conditions dans lesquelles il se trouvera seront oppressives. Tout comme l’affaire à laquelle il est confronté est oppressante. Il ne peut pas bénéficier d’une défense d’intérêt public. Tout ça le poussera à mettre fin à ses jours.  »

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Au mois de décembre dernier, Wikileaks avait obtenu le droit de déposer un nouveau recours contre l’extradition de Julian Assange devant la Cour suprême. Mais celle-ci avait refusé de l’examiner. Un mois plus tard, l’ordre d’extradition était transmis à Priti Patel, qui avait deux mois pour décider d’y apposer, ou non, sa signature, ce qu’elle a fait ce vendredi 17 juin.

« C’est un jour sombre pour la liberté de la presse et pour la démocratie britannique », a réagi Wikileaks dans un communiqué publié sur Twitter. « Aujourd’hui n’est pas la fin du combat. Nous ferons appel devant le système judiciaire, le prochain appel se fera devant la Haute Cour. Nous nous battrons plus fort et crierons plus fort dans les rues, nous nous organiserons et nous ferons connaître de tous l’histoire de Julian. [...] Ne nous méprenons pas, cela a toujours été une affaire politique. Julian a publié des preuves que le pays qui tentait de l’extrader avait commis des crimes de guerre et les avait dissimulés. »

Depuis les révélations, la répression internationale menée par les États-Unis n’a fait que grandir. Fin 2010, le journaliste a été arrêté par le gouvernement britannique suite à un mandat d’arrêt Interpol instrumentalisant des accusations d’agression sexuelle pour arrêter Assange. Libéré sous caution, il se réfugie pendant sept ans dans l’ambassade équatorienne de Londres mais l’arrivée au pouvoir de Moreno et ses rapprochements avec les américains permet son incarcération par la police londonienne. Depuis, les États-Unis n’ont de cesse de poursuivre les mesures pour mettre en place son extradition vers le sol américain avec la complicité du gouvernement du Royaume-Uni, pour qui le respect des droits de l’Homme à moins de valeur que ses relations avec son voisin outre-Atlantique.

Dans un état de santé de plus en plus inquiétant, l’extradition de Julian Assange constituerait le point culminait d’années de détentions arbitraires. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture Nils Melzer n’a pas hésité à affirmer qu’en cas d’extradition, Julian Assange subirait des traitements assimilables « à la torture ou à d’autres violations des droits de l’homme. ».

Face à cet acharnement de l’impérialisme occidental, il faut dénoncer cette répression, refuser l’extradition de Julian Assange et revendiquer sa libération.



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