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Société

Scandale sanitaire

Lubrizol : Des hydrocarbures dans le lait maternel détectées lors des premières analyses

Un peu plus d’un mois après l’incendie de Lubrizol, le scandale est révélé par les premières analyses sur la population. Bien que préliminaires, les résultats sont parlants : des hydrocarbures ont été retrouvés dans le lait maternel des rouennaises, alors même que depuis un mois le gouvernement, main dans la main avec le propriétaire de l’usine et ses patrons, s’affaire désespérément à minimiser la portée écologique et sanitaire de l’évènement.

mercredi 6 novembre

Crédits photo : France 3 Normandie

C’est à la demande d’une avocate rouennaise, Maître Saliha Blalouz, que le lait de 9 femmes allaitantes, de Rouen et sa banlieue a été analysé par le Laboratoire du CHU de Limoges. Le lait maternel est en effet un indicateur de la pollution environnementale et de ses effets. Les résultats préliminaires font état de la présence d’hydrocarbures (Éthylbenzène, toluène, xylène) à taux variable selon les femmes. Ces résultats vont être affinés et comparés à du lait congelé avant la catastrophe mais aussi au lait d’autres femmes vivant des d’autres agglomération (Grenoble, Paris). Les mères rouennaises tout comme Maître Saliha Blalouz vont d’ores et déjà porter plainte contre X pour mise en danger des la vie d’autrui.

Mais ne sait-on pas déjà qui condamner pour cet incendie et ses conséquences ? Quand Macron et ses ministres minimisaient l’impact des risques sanitaire de cette catastrophe alors que près de 9500 tonnes de produit chimiques se dispersaient dans l’atmosphère ; quand Agnès Buzyn, ministre de la Santé, apparemment une pointure dans son domaine, niait la toxicité des dioxines de carbones répandues dans l’air ; quand une campagne de mépris et de désinformation était menée dans les médias bourgeois avec, en tête Sibeth Ndiaye, porte de parole du gouvernement qui serait restée car « je suis quelqu’un d’un peu rationnel et j’essaye de faire confiance dans les gens qui savent » ; quand le préfet de Seine-Maritime twittait que la poursuite de l’allaitement était tout à fait possible alors que les femmes enceintes et jeunes mères respiraient un cocktail chimique sans qu’aucun plan de prévention conséquent n’ait été mis en place ; on sait qui blâmer, qui combattre, qui expose la population à des risques sanitaires graves pour des quesstions de profit.

Alors que des sites aussi dangereux que celui de Lubrizol appartiennent à de richissimes patrons comme Warren Buffet, troisième fortune mondiale, la population est exposée à des risques sanitaires inégalés, entre les produits chimiques et l’amiante. Les couches les plus pauvres sont d’autant plus exposées, comme par exemple les gens du voyage qui vivaient à 500m de l’usine, ou ceux qui n’ont pas eu la possibilité de fuir Rouen puisqu’aucun plan d’évacuation n’a été mise en place. Ayant recours à la sous-traitance et en réduisant les effectifs pour augmenter leur profit, ces grands propriétaires et les patrons de leurs usines, dont les meilleurs alliés sont les politiques bourgeois et Macron à leur tête, mettent en péril la santé de milliers de gens ainsi que l’environnement.

Assez de ce système qui exploite le plus grand nombre pour le profit de quelques-uns, qui vend notre santé et détruit la planète. Exigeons la fin du secret industriel et l’ouverture des livres de comptes, pour une prise en main de la production par les travailleurs.




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