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Politique

« Avec Lubrizol, on meurt un peu, mais pas trop »

Lubrizol. Rouen polluée par le mépris macronien

Plus d'un mois après la plus grande catastrophe industrielle de ces dernières années et face à un scandale écologique sans précédent, Macron s'est rendu à Rouen pour nier la gravité de la situation.

jeudi 31 octobre

Crédits photo : AFP

Hier soir, Macron, face aux habitants de Rouen, a défendu l’« engagement » de l’État contre ce qu’il nomme les « défaillances » des services de l’État, qu’il n’aurait d’ailleurs pas vu. Faisant bloc avec la communication de son gouvernement, le président a mis en garde contre « les fausses informations qui circulent » et qui, bien évidemment, montrerait les dangers réels que de la catastrophe industrielle de Lubrizol représente. Aucun mot de sa part sur les propos hallucinants de Sibeth Ndiaye qui affirmait au micro de RMC qu’elle serait restée à Lubrizol car elle est « quelqu’un d’un peu rationnel », ni sur les propos de la ministre de la santé, Agnès Buzin, qui niait la dangerosité du taux élevé de dioxyde de carbonne dans l’air à Rouen, ni encore sur les affirmations du PDG de Lubrizol qui déclarait sereinement que l’incendie de Lubrizol n’était « pas plus toxique qu’un incendie de maison ».

Accueilli par un comité de soutien réuni devant l’’hôtel de ville et qui a scandé « Macron démission » à son arrivée, le chef de l’État s’est ensuite rendu à la rencontre des habitants de Rouen. Vaste blague puisque, fidèle à lui-même, le président des riches n’était pas venu pour écouter mais pour afficher son mépris. Ne voulant pas s’adresser à ceux venu non pas pour « causer » (comme s’il s’agissait de causer en face d’une telle catastrophe) mais pour « invectiver », le président s’est contenté d’interlocuteurs choisis. Face à une habitante parvenue à lui lancer qu’il ferme les yeux face à la colère populaire qui monte, il s’est contenté de lui rétorquer, dans la droite lignée de ses petites phrases méprisantes, qu’elle ne cherche pas à dialoguer et qu’elle « fait un show ». À ce tarif-là, on peut se demander qui fait le plus son show et qui refuse le plus le dialogue dans cette affaire.

En défendant la gestion optimale de la situation, alors même qu’aucun plan d’évacuation conséquent n’a été mis en place au moment de l’incendie, Macron s’est voulu rassurant en annonçant que les indemnités arriveraient vite et que Rouen serait en 2020 le lieu d’un « événement international » pour redorer le blason de la ville. À mille lieues des préoccupations des habitants qui s’inquiètent pour leur santé et qui veulent avoir des garanties sur l’indépendance des études chargées de mesurer les effets de l’incendie qui a vu brûler 9500 tonnes de produits chimiques, Macron pense acheter le silence et la paix sociale avec des subventions et des sommets internationaux. Une fois de plus, le président des riches a montré qu’il ne vit pas dans le même monde que ceux qui subissent les conséquences des catastrophes écologiques et sociales que provoque le capitalisme.

Après cette visite bien tardive, Macron ira se reposer pour le week-end à Honfleur. Fort heureusement le nuage toxique (mais pas trop comme titrait 20 minutes) s’est dirigé vers le Nord et le Nord-est et aura épargné la localité de villégiature du Président qui pourra profiter des vacances pour prendre un bol d’air pur !




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